Tout un vocabulaire





VOUS ETES SUR LE

PREMIER ARTICLE

LES SECRETS DU PHARE

MOYEN-AGE

TOUT UN

VOCABULAIRE

CONTRIBUEZ EN OFFRANT  UN DON

Et la lumière fut...

Depuis toujours l’homme a cherché à protéger les bateaux des côtes souvent mortelles. Il a eu l’idée d’allumer des feux soit pour guider les navires, soit, au contraire pour les tromper en les attirant dans un guet-apens.


Trois cent avant Jésus Christ, la première tour construite à cet usage serait Pharos, près d’Alexandrie, où l’on brulait du bois à son sommet. De là, bien sûr, le mot « phare ». Ce phare d’Alexandrie est une des sept merveilles du monde antique et il aurait perduré jusqu’au XIVe siècle, plusieurs fois très abîmé par des séismes et des tremblements de terre, soit dix-sept siècles de bons et loyaux services.


Au moyen-Age il n’y avait qu’une vingtaine de phares en Europe, dont, en Normandie, celui du Chef-de-Caux à Dieppe. En 1800, 24 phares assuraient la sécurité des côtes françaises, une soixantaine en 1830, 372 phares et feux en 1878. En 1980 on comptait 130 phares, près de 1 000 feux et des centaines de bouées lumineuses.


Au XVIIe siècle, la garde des feux était confiée à un adjudicataire qui allumait son feu quand il apercevait un navire. Dans le cas où il s’endormait, un ou deux coups de canon étaient envoyés par l’artificier à bord du navire qui approchait de la côte pour le réveiller.


Au début, on brulait des flambeaux de suif ou de térébenthine, puis du charbon et différentes sortes d’huiles. En 1821 sont apparues les lampes d’Argand fixées sur un axe verticale, munies de réflecteurs paraboliques, tournant grâce à un mécanisme proche de l’horlogerie.


Le phare de Barfleur-Gatteville était projeté par des ingénieurs du marquis de Vauban, connu pour ses fortifications, dès 1669. Cette année-là Vauban était venu inspecter le littoral normand. Il avait écrit un projet de « tour à fanal » : « Bâtir une tour à fanal sur la pointe la plus avancée du cap de Barfleur, et la mettre sur le milieu, le plus haut de la partie isolée par la pleine mer, la fort élever et luy faire une lanterne au sommet (…) Cette pièce est d’autant plus nécessaire que ce cap et celuy de la Hague sont l’horreur des gens de mer, pour la quantité de vaisseaux qui s’y perdent pendant la nuit… »


Le phare ne fut construit qu’en 1774 et allumé en 1775, pourvu d’un réverbère de Tourtille-Sangrain, une sorte de tige portant deux cercles de seize lampes à l’huile, munies d’un miroir sphérique en cuivre argenté qui réfléchissait la lumière.


Mais c’est un Normand, Augustin Fresnel [1788-1827], qui conçut les appareils lenticulaires, un véritable bouleversement dans l’éclairage des phares. Au départ il cherchait à améliorer les lentilles à échelons imaginées par Georges-Louis Leclerc Buffon [1707-1788] et inventa un moyen pour les tailler et les assembler, formant des anneaux catadioptriques avec réflexion et réfraction de la lumière. Cet ingénieur, cousin de Prosper Mérimée, est ainsi l’inventeur du phare moderne.


C’est à Cordouan, à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, que fut installé le premier appareil lenticulaire en 1823.


Jean Baptiste François Soleil (nom prédestiné) exécuta la partie optique, et j. Wagner la partie mécanique. Ce phare fut aussi le premier à être habité par des gardiens…. Mais aussi le dernier. (En effet, les deux derniers gardiens de phares français ont regagné la terre ferme le 29 juin 2012 après avoir rendu la clef du phare de Cordouan. La disparition de ce métier fut rapide puisqu’en 1999 on comptait encore une cinquantaine de phare gardés dont cinq en mer).


Après une période où les brûleurs à mèche étaient alimentés par le gaz (goudron, pétrole, acétylène, butane, propane) à partir de 1880, le service des phares et balises commence à réaliser des installations électriques. L’électricité produit une lumière plus performante mais demande des installations coûteuses. Alors que le phare de Gatteville est électrifié en 1893, il faudra attendre la fin des années 1920 pour sa généralisation dans l’ensemble des phares français.