Numero 01
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L’histoire, souvent écrit avec la première lettre majuscule, est à la fois l’étude et l'écriture des faits et des événements passés quelles que soient leur variété et leur complexité ; on désigne aussi couramment sous le terme d’histoire (par synecdoque) le passé lui-même, comme dans les leçons de l'histoire. L'histoire est un récit écrit par lequel des hommes et des femmes (les historiens et historiennes) s'efforcent de faire connaître les temps révolus. Ces tentatives ne sont jamais entièrement indépendantes de conditionnements étrangers au domaine telle que la vision du monde de leur auteur ou de sa culture, mais elles sont censées être élaborées à partir de sources plutôt que guidées par la spéculation ou l'idéologie.

Les historiens romains ont également fondé une autre tradition, celle qui fait de l’histoire une source de réflexion et de leçon morales. Tite-Live ou Tacite (56-177 après Jésus Christ), par exemple, examinent les comportements des grands acteurs de l’histoire, méditent sur leurs forces et leurs faiblesses de caractères, en font des exemples à imiter ou des repoussoirs. Ce rôle édificateur de l’histoire ne s’est jamais démenti. Dans le prologue de ses chroniques, Jean Froissart (1337-105) écrit qu’il a relaté les prouesses des chevaliers de la guerre de Cent Ans afin qu’elles soient « notablement registrées et mises en mémoire perpétuelle, par quoi les preux aient exemple deux encourager en bain faisant ». Aujourd’hui, les biographies des personnages comme Lincoln, Churchill, Gandhi, ou Martin Luther King jouent le même rôle.

  

Avec l’essor du christianisme la conception de l’histoire change en Europe. Pour les chrétiens, les évènements historiques ne peuvent être considérés que comme l’accomplissement de la volonté divine. L’interrogation critique sur ce qui s’est réellement passé n’est plus de mise, et les récits des miracles ou des martyres sont tenus comme véridiques sans aucun questionnement. Le monde islamique, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, a souvent montré plus de discernement. L’histoire arabe Ibn Khaldun (1332-1406) dénonce avec virulence l’acceptation aveugle et sans esprit critique de récits fantaisistes qui ne peuvent pas être vérifiés. Mais ne les historiens musulmans ni les historiens chrétiens n’ont produit une œuvre d’une ampleur l’histoire chinoise publiée sous la dynastie des Song en 1805, qui couvre près de 1400 ans et compte 294 volumes.

Et pourtant, c’est bien en Europe occidentale qui est née l’historiographie moderne. La Renaissance, qui éclot en Italie au XVe siècle, a d’abord été une redécouverte du passé. Qu’ils soient artistes, ingénieurs ou condottieri, les hommes de la renaissance puisent leur inspiration dans la culture antique classique. La connaissance du passé est donc pour eux essentielle, et l’étude de l’enseignement de l’histoire sont au cœur du projet humaniste. L’amateur d’antiquités parcourant les ruines anciennes et collectionnant les monnaies et les inscriptions antiques devient une figure familière parmi les élites cultivées. Simultanément, grâce à l’imprimerie, l’histoire devient accessible à un public bien plus vase que par le passé.

Au XVIIIe siècle, la méthodologie historique, qui consiste à établir les faits en comparant et en critiquant les différentes sources existantes, est déjà solidement établie. Les historiens européens s’accordent à diviser l’histoire en grandes périodes : l’Antiquité, le Moyen Age et les Temps Modernes. Cette périodisation est, fondamentalement, un jugement de valeur : l’époque médiévale, dominée par l’Église, est considérée comme une période de barbarie et l’irrationalité, un intermède et régression et d’obscurité entre les grandes civilisations antiques et le nouveau monde rationnel que la Renaissance et les Lumières ont fait naître en Europe.

Le mouvement romantique qui balaie l’Europe à partir de la fin du XVIIIe siècle prend l’exact contrepied des Lumières. Les romantiques adorent le Moyen Age, précisément en ce qu’il est différent de leur présent, qu’ils détestent. Au lieu de considérer le passé comme la préparation du monde moderne, les historiens romantiques cherchent par un effort d’imagination à se remettre dans l’esprit des âges passés. Johann Gottfried Herder (1744-1803) s’immerge dans le passé à la recherche des racines de l’identité nationale allemande et de l’authentique « esprit allemand ». Avec le triomphe des nationalismes au XIXe siècle en Europe, l’histoire devient une célébration des vertus et des héros nationaux, et tourne bien souvent à la mythification pure et simple. Chaque pays se doit de posséder « son » histoire, héroïque et sacrée, tout comme il a son drapeau et son hymne national.

Au XIXe siècle, l’histoire triomphante prend le caractère du destin. Dans son arrogance, la civilisation occidentale se considère comme l’aboutissement même de toute l’évolution humaine, et toute l’historiographe européenne va dans ce sens. Le philosophe allemand Wilhelm Hegel (1770-1831) voit dans l’histoire un processus logique dont l’aboutissement ultime est l’Etat prussien, Karl Marx (1818-1883) reprend le schéma hégélien dans sa propre théorie, le matérialisme historique, selon lui, le progrès économique qui entraîne la lutte des classes aboutira inévitablement à la prise du pouvoir par le prolétariat, car le capitalisme s’effondrera sous l’effet de ses contradictions internes. Le marxisme aura incontestablement été le plus influent et le plus durable de tous les grands récits historiques. Comme les autres domaines du savoir, au XIXe siècle, l’histoire se professionnalise et devient une discipline universitaire. L’histoire académique aspire au statut de science, et son but avoué est d’accumuler les « faits ». L’écart se creuse entre une historiographie « savante », souvent bardée de chiffre et de statistiques, et les œuvres historiens populaires comme Jules Michelet (1798-1874) et Thomas Macaulay (800-1859).

Au XXe siècle, le champ d’investigation de l’histoire, qui jusqu’alors ne s’est intéressé qu’aux rois, aux présidents ou au généraux s’élargit et englobe désormais les gens ordinaires, dont le rôle dans les évènements historiques devient discernable grâce à des recherches en profondeur. Certains historiens à commencer par ceux de l’école française des Annales, tournant le dos à l’  « histoire-bataille », préfèrent étudier les structures sociales, la vie quotidienne, les croyances et les mentalités des gens ordinaires aux différentes époques de l’histoire.

En dépit de cette évolution, la quasi-totalité de l’historiographie mondiale reste, jusqu’au milieu du XXe siècle, le récit du triomphe de la civilisation occidentale. Cette approche est tout aussi présente dans l’historiographie marxiste que chez les historiens qui célèbrent les progrès de la technologie, de la libre entreprise et de la démocratie libérale. Ce point de vue n’est pas optimiste, beaucoup prédisent le déclin et la chute de l’Occident. Mais, pour tous, l’essentiel de l’histoire passée et présente est l’œuvre de l’Europe et les Européens. C’est ainsi que d’éminents historiens européens n’hésitent pas à affirmer que l’Afrique noire n’a pas ‘histoire digne de ce nom, puisqu’elle n’a pas contribué à la marche en avant de l’humanité.

Cette conception du « grand récit » de l’Histoire avec un grand H, univoque et cohérente, s’st effondrée dans la seconde moitié du XXe siècle, en emportant l’eurocentrisme avec elle. Le monde postcolonial et postmoderne a besoin d’une multiplicité d’histoires, racontées des points de vue des multiples identités sociales. On se passionne pour l’histoires des Noirs, des femmes, des gays, pour l’histoire narrée du point de vue Asiatiques, des Africains, des Amérindiens. Les marginaux et les opprimés sont désormais appréhendés comme des agents, des acteurs de l’histoire, plutôt que comme victimes passives. Cette remise en question tous azimuts bouleverse toute l’histoire admise par les Occidentaux instruits, mais bien souvent sans apporter une alternative satisfaisante. D’où la confusion et l’embarras que l’on a pu observer, par exemple, en 1992, lors du 500e anniversaire du premier voyage de Christophe Colomb en Amérique. On aurait pu s’attendre à ce que cet évènement soit commémoré avec faste, surtout aux Etats-Unis. Or il n’a été qu’à peine évoqué, et non sans un certain embarras. On ne sait plus que penser de l’histoire traditionnelle, de ses grands hommes et de ses grands évènements.

Cette rubrique reflète cet abandon du « grand récit » du progrès humain. Il propose une vue d’ensemble de l’histoire mondiale, à travers un certain nombre de moments ou d’évènements qui sont autant de fenêtres ouvertes, ou de coups de projecteur, sur différente périodes du passé. En prime avec les préoccupations contemporaines, il met aussi en lumière l’importance dans la longue durée de facteurs-clefs tels que la croissance démographique, les variations climatiques et l’environnement, tout au long de l’histoire de l’humanité. Mais il ne néglige pas pour autant les points de repère familiers de l’histoire traditionnelle, comme la Grande Charte, la peste noire ou la guerre de Sécession.

Cette rubrique ouvre les origines de l’humanité et la « préhistoire », et chemine à travers les époques jusqu’à aujourd’hui. En réalité, il n’existe jamais de limites franches entre les périodes historiques, d’où certains chevauchements chronologique.

Comme cette rubrique le montre, l’histoire est un processus et non une série d’évènements sans rapport entre eux. Nous ne pouvons que spéculer sur la façon dont les évènements d’aujourd’hui façonneront l’histoire de demain. Personne, en ce début du XXIe siècle, ne peut prétendre discerner le sens de l’histoire, mais elle reste la discipline fondamentale pour tous ceux qui penses, comme le poète Alexandre Pope que « l’homme est la seule étude à l’homme nécessaire ».

Pour le philosophe anglais Robin George Collingwood (1889-1943), « l’importance de l’histoire provient du fait qu’elle nous enseigne ce que l’homme a fait, et par conséquent ce que l’homme est ». Ainsi, l’homme recherche à travers l’histoire, en dernière instance, la connaissance de soi.

L’histoire à elle-même une histoire. Depuis les temps les plus anciens, les sociétés, qu’elles aient ou non possédé l’écriture, ont élaboré un récit de leur passé et de leurs origines, une mythologie mêlant dieux et héros. Les premières civilisations de l’écrit ont aussi enregistré les actes de leurs dirigeants, en les gravant sur des tablettes ou sur les murs des temples et des palais. Mais ces sociétés archaïques ne différenciaient pas les faits réels et les évènements relatés par les légendes et les mythes.

Ce sont les auteurs grecs du Ve siècle avant Jésus Christ. Hérodote et Thucydide qui, les premiers, ont cherché à rapporter des faits du passé en réunissant et en interprétant des indices et des preuves, le terme historia utilisé par Hérodote signifie « enquête » en grec. Si les mythes se mêlent encore largement aux fait chez Hérodote, le récit qu’à laissé Thucydide de la guerre de Péloponnèse satisfait à la plupart des critères de l’historiographie moderne. Il est basé sur des entretiens avec des témoins oculaires du conflit, et il attribue les évènements aux agissements des hommes, non aux interventions des dieux. Thucydide a inventé l’une des formes les plus durables de l’historiographie, la relation détaillée d’un conflit, dans toutes ses dimensions : politique, diplomatique, militaire. Avec l’avènement de l’Empire romain, l’histoire élargit ses perspectives, en cherchant à comprendre comment et pourquoi une petite cité du Latium est parvenue à imposer sa domination sur tout le monde méditerranéen, le Grec Polybe (200-118 avant Jésus Christ) et le Romain Tite-Live (58-17 avant Jésus Christ) donne un sens à la succession des évènements dans la longue durée. C’est le début de ce qu’on appelle parfois l’  « histoire universelle », un récit représentant l’histoire, depuis les origines jusqu’au présent, comme une évolution vers un but, et qui donc donne aux évènements du passé un sens et une apparente nécessité. A peu près à la même époque, l’historien chinois Sima Qian (vers 145-86 avant Jésus Christ) retrace de la même façon l’histoire de la Chine, depuis Huangdi, le légendaire « Empereur jaune » (vers 2697 avant Jésus Christ) jusqu’à la dynastie de l’empereur Wu, de la dynastie des Han (vers 109 avant Jésus Christ).