Charlie CHAPLIN : Deuxième partie
Charlie CHAPLIN : Quatrième partie







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CHARLIE CHAPLIN

DEUXIEME PARTIE

NE LE 16 AVRIL 1889

DECES : 25 DEC. 1977

82 FILMS

CHARLIE CHAPLIN

QUATRIEME PARTIE

Les feux de la rampe et l'expulsion des

Etats-Unis

Dans Les Feux de la rampe (1952), Chaplin joue le rôle d'une ancienne star de music-hall devant faire face à sa perte de popularité.


Même si Chaplin resta politiquement actif dans les années qui suivirent l'échec de Monsieur Verdoux, son film suivant sur un comédien de vaudeville oublié et une jeune ballerine dans le Londres de l'époque édouardienne était dépourvu de toute signification politique. Les Feux de la rampe était largement autobiographique et faisait référence à l'enfance de Chaplin, à la vie de ses parents et à sa perte de popularité aux États-Unis. Parmi les acteurs figuraient plusieurs membres de sa famille dont ses enfants les plus âgés et son demi-frère, Wheeler Dryden.


Après trois ans de préparation, le tournage commença en novembre 1951. Il adopta un ton bien plus sérieux que dans ses précédents films et parlait régulièrement de « mélancolie » en expliquant le scénario à sa partenaire Claire Bloom. Le film est également notable pour la présence de Buster Keaton et cela fut la seule occasion où les deux comédiens travaillèrent ensemble.


Chaplin décida d'organiser la première mondiale des Feux de la rampe à Londres car le film s'y déroulait. Quittant Los Angeles, il indiqua qu'il s'attendait à ne jamais pouvoir revenir. À New York, il embarqua avec sa famille à bord du paquebot transatlantique RMS Queen Elizabeth le 18 septembre 1952. Le lendemain, le procureur général des États-Unis James McGranery révoqua le visa de Chaplin et déclara qu'il devrait se soumettre à un entretien sur ses opinions politiques et sa moralité pour pouvoir revenir aux États-Unis. Même si McGranery indiqua à la presse qu'il avait « un dossier assez solide contre Chaplin », Maland conclut, en s'appuyant sur les documents du FBI rendus publics dans les années 1980, que le gouvernement américain n'avait pas réellement de preuves suffisantes pour empêcher le retour de Chaplin ; il est même probable qu'il aurait obtenu un visa s'il en avait fait la demande. Cependant, quand il reçut un câblogramme l'informant de cette décision, Chaplin décida de rompre tous ses liens avec les États-Unis :


« Que je revienne ou non dans ce triste pays avait peu d'importance pour moi. J'aurais voulu leur dire que plus tôt je serais débarrassé de cette atmosphère haineuse, mieux je serais, que j'étais fatigué des insultes et de l'arrogance morale de l'Amérique. »


Comme tous ses biens restaient aux États-Unis, Chaplin ne fit aucun commentaire négatif dans la presse mais l'affaire fit sensation. Si Chaplin et son film furent bien accueillis en Europe, Les Feux de la rampe fut largement boycotté aux États-Unis malgré des critiques positives. Maland écrivit que la chute de Chaplin d'un niveau de popularité inégalé « est peut-être la plus spectaculaire de toute l'histoire de la célébrité aux États-Unis ».

Paulette Goddard et les temps modernes

Les Lumières de la ville avait été un succès mais Chaplin n'était pas certain de pouvoir réaliser un nouveau film sans dialogues. Il restait convaincu que le son ne marcherait pas dans ses films mais était également « obsédé par la peur déprimante d'être démodé ». En raison de ces incertitudes, le comédien choisit au début de l'année 1931 de prendre des vacances et il arrêta de tourner pendant 16 mois. Il visita l'Europe de l'Ouest dont la France et la Suisse et décida spontanément de se rendre dans l'Empire du Japon. La-bas, il fut le témoin de l'incident du 15 mai 1932 durant lequel des officiers nationalistes tentèrent un coup d'État, assassinant le premier ministre du Japon Tsuyoshi Inukai. Le plan initial incluait notamment de tuer Charlie Chaplin afin de déclencher une guerre avec les États-Unis. Quand le premier ministre fut tué, son fils Takeru Inukai assistait à une compétition de sumo avec Charlie Chaplin, ce qui leur a probablement sauvé la vie.


Dans son autobiographie, il nota qu'à son retour à Los Angeles en juin 1932, « [il] était perdu et sans but, fatigué et conscient d'une extrême solitude ». Il envisagea brièvement la possibilité de prendre sa retraite et de s'installer en Chine.


Les Temps modernes (1936) que Jérôme Larcher décrivît comme « une triste réflexion sur l'automatisation de l'individu ».


La solitude de Chaplin fut apaisée quand il rencontra en juillet l'actrice de 21 ans, Paulette Goddard, et ils formèrent un couple heureux. Hésitant encore sur l'opportunité d'un film, il écrivit un roman-feuilleton sur ses voyages qui fut publié dans le magazine Woman's Home Companion. Son séjour à l'étranger avait été très stimulant pour Chaplin qui avait rencontré plusieurs personnages influents et il s'intéressa de plus en plus aux questions internationales. L'état du monde du travail américain durant la Grande Dépression le troubla et il craignait que le capitalisme et les machines ne provoquent un fort taux de chômage. Ce furent ces inquiétudes qui le motivèrent pour développer son nouveau film.


Les Temps modernes fut présenté par Chaplin comme « une satire de certaines situations de notre vie industrielle ». Il envisagea d'en faire un film parlant mais changea d'avis lors des répétitions. Comme ses prédécesseurs, Les Temps modernes utilisait des effets sonores synchronisés mais presque aucune parole. Dans le film, l'interprétation en « charabia » d'une chanson par Chaplin donna néanmoins pour la première fois une voix à Charlot. Après l'enregistrement de la musique, le résultat fut présenté en février 1936. Il s'agissait de son premier film depuis Le Kid à intégrer des références politiques et sociales et ce facteur entraîna une forte couverture médiatique même si Chaplin tenta de minimiser le sujet. Le film connut un succès moindre que ses prédécesseurs et les critiques furent plus mitigées car certaines désapprouvaient sa signification politique. Les Temps modernes est néanmoins devenu un classique du répertoire de Chaplin.


À la suite de cette sortie, Chaplin se rendit en Extrême-Orient avec Goddard. Le couple refusa tout commentaire sur la nature de leur relation et on ne savait alors pas vraiment s'ils étaient mariés ou non. Quelque temps plus tard, Chaplin révéla qu'ils s'étaient mariés à Canton en Chine durant ce voyage. Les deux s'éloignèrent cependant rapidement l'un de l'autre pour se consacrer à leur travail ; Goddard divorça finalement en 1942 en avançant qu'ils étaient séparés depuis plus d'un an.

Joan BARRY et Oona O'NEIL

Dans le milieu des années 1940, Chaplin fut impliqué dans une série de procès qui accaparèrent une grande partie de son temps et affectèrent son image publique. Ces derniers étaient liés à sa relation intermittente avec l'aspirante actrice Joan Barry entre juin 1941 et l'été 1942. Ils se séparèrent après que cette dernière eut démontré des troubles mentaux, et elle fut arrêtée à deux reprises pour harcèlement après cette rupture ; elle réapparut l'année suivante en annonçant qu'elle était enceinte de l'acteur ; ce dernier nia et Barry entama une procédure en reconnaissance de paternité.


Oona O'Neill fut la quatrième et dernière épouse de Chaplin avec qui il eut huit enfants.


J. Edgar Hoover, le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), qui se méfiait des tendances politiques de Chaplin, exploita l'opportunité pour endommager sa réputation. Dans le cadre de cette campagne de diffamation, le FBI l'inculpa dans quatre affaires reliées à ce scandale. Chaplin était en particulier accusé d'avoir violé le Mann Act qui interdisait le transport entre États de femmes à des fins sexuelles. L'historien Otto Friedrich a avancé qu'il s'agissait de « poursuites absurdes » en application d'un « ancien texte » mais Chaplin risquait jusqu'à 23 ans de prison. Les preuves pour trois motifs d'accusation se révélèrent insuffisantes pour aller jusqu'à un procès mais l'étude de la violation du Mann Act commença en mars 1944. Chaplin fut acquitté deux semaines plus tard. L'affaire fit fréquemment la une des journaux et le journal Newsweek la qualifia de « plus grand scandale de relations publiques depuis le procès pour meurtre de Roscoe Arbuckle en 1921 ».


Barry accoucha d'une fille, Carole Ann, en octobre 1944 et le procès en paternité débuta en février 1945. Après deux procès difficiles au cours desquels Chaplin fut accusé de « turpitude morale » par le procureur, il fut déclaré être le père. Le juge refusa d'accepter les preuves médicales et en particulier la différence de groupe sanguin qui infirmait cette conclusion et il dut payer une pension à sa fille jusqu'à ses 21 ans. La couverture médiatique du procès fut influencée par le FBI qui transmettait les informations à l'influente journaliste à scandales Hedda Hopper.


La controverse entourant Chaplin s'accrut quand le 16 juin 1943, deux semaines après le début de la procédure de reconnaissance de paternité, il fut annoncé qu'il épousait sa nouvelle jeune protégée de 18 ans, Oona O'Neill, la fille du dramaturge américain Eugene O'Neill. Chaplin, alors âgé de 54 ans, lui avait été présenté par un agent artistique sept mois plus tôt et dans son autobiographie, il décrivit leur rencontre comme « l'événement le plus heureux de [sa] vie » et indiqua qu'il avait découvert le « parfait amour ». Ils restèrent mariés jusqu'à sa mort en 1977 et eurent huit enfants : Geraldine Leigh (1944), Michael John (1946), Josephine Hannah (1949), Victoria (1951), Eugene Anthony (1953), Jane Cecil (1957), Annette Emily (1959) et Christopher James (1962).

Monsieur VERDOUX les accusations communistes

Monsieur Verdoux (1947) fut le premier film de Chaplin sans Charlot et fut également son premier échec critique et populaire aux États-Unis.


Chaplin avança que ces procès avaient « démoli [sa] créativité » et en avril 1946, il commença le tournage d'un film sur lequel il travaillait depuis 1942. Monsieur Verdoux était une comédie noire sur un employé de banque français, M. Verdoux joué par Chaplin, réduit au chômage et qui commence à épouser et à assassiner de riches veuves pour subvenir aux besoins de sa famille. L'idée lui avait été fournie par Orson Welles qui voulait qu'il joue dans un film sur le tueur en série français Henri Désiré Landru. Chaplin estima que ce concept « ferait une superbe comédie » et acheta le scénario à Welles pour 5 000 $ (environ 130 000 $ de 2012).


Chaplin exprima à nouveau ses idées politiques dans Monsieur Verdoux en critiquant le capitalisme et le film fut très controversé à sa sortie en avril 1947. Il fut hué lors de la première et certains demandèrent son interdiction. Il s'agissait du premier film où son personnage n'avait aucun rapport avec Charlot et il fut également le premier à être un échec critique et commercial aux États-Unis. Il fut mieux accueilli à l'étranger et fut nommé pour le meilleur scénario lors de la 20e cérémonie des Oscars. Chaplin était néanmoins fier de son œuvre et écrivit dans son autobiographie : « Monsieur Verdoux est le plus intelligent et plus brillant des films que j'ai réalisés ».


L'accueil négatif de Monsieur Verdoux était largement le résultat de l'évolution de l'image publique de Chaplin. En plus du scandale de l'affaire Joan Barry, il fut publiquement accusé d'être communiste. Ses actions politiques s'étaient intensifiées durant la Seconde Guerre mondiale et il avait fait campagne pour l'ouverture d'un second front pour soulager les Soviétiques. Il s'était rapproché de sympathisants communistes connus comme Hanns Eisler et Bertolt Brecht et il participa à des réceptions organisées par des diplomates soviétiques à Los Angeles. Dans le contexte politique de « Peur rouge » qui prévalait à l'époque aux États-Unis, de telles activités faisaient que Chaplin était, selon Larcher, considéré comme « dangereusement progressiste et amoral ». Le FBI était déterminé à lui faire quitter le pays et il lança une enquête officielle à son encontre en 1947.


Chaplin nia être un communiste et se présenta comme un pacifiste qui estimait que les actions du gouvernement américain pour réprimer une idéologie étaient une violation inacceptable des libertés publiques. Refusant de se taire sur cette question, il protesta ouvertement contre les procès des membres du parti communiste américain devant le House Un-American Activities Committee (HUAC) et fut convoqué par ce dernier. Alors que ses actions étaient largement relayées dans la presse et que la guerre froide gagnait en intensité, sa non-acquisition de la citoyenneté américaine fut critiquée et certains demandèrent son expulsion. Le représentant du Mississippi John E. Rankin (en) déclara devant le Congrès en juin 1947 : « Sa vie à Hollywood est nuisible au tissu moral des États-Unis. [S'il est expulsé] … ses films répugnants pourront être gardés à l'écart des yeux de la jeunesse américaine. Nous devons l'expulser et nous en débarrasser une bonne fois pour toutes ».

Suisse et Un roi à New York

J'ai fait l'objet de calomnies et d'une propagande orchestrée par de puissants groupes réactionnaires qui, par leur influence et l'aide de la presse jaune américaine, ont créé une atmosphère malsaine dans laquelle les individus aux tendances libérales peuvent être persécutés. Dans ces conditions, j'ai trouvé qu'il était virtuellement impossible de continuer mon travail de réalisation cinématographique et j'ai par conséquent abandonné mon séjour aux États-Unis.


Chaplin ne tenta pas de revenir aux États-Unis après la révocation de son visa d'entrée et envoya sa femme à Los Angeles pour régler ses affaires. Le couple décida de s'installer en Suisse et la famille s'installa en janvier 1953 au manoir de Ban, une propriété de 15 hectares surplombant le lac Léman dans la commune de Corsier-sur-Vevey. Chaplin mit en vente sa résidence et son studio de Beverly Hills en mars et rendit son visa en avril. L'année suivante, sa femme renonça à sa nationalité américaine pour devenir Britannique. Il abandonna ses derniers liens professionnels avec les États-Unis en 1955 quand il vendit ses parts dans la société United Artists qui était en difficultés financières depuis le début des années 1940.


Chaplin resta une figure controversée tout au long des années 1950 en particulier après qu'il eut reçu le prix international de la paix décerné par le conseil mondial de la paix d'obédience communiste et ses rencontres avec le Chinois Zhou Enlai et le Soviétique Nikita Khrouchtchev. Il commença à développer son premier film européen, Un roi à New York, en 1954. Jouant le rôle d'un roi exilé cherchant asile aux États-Unis, Chaplin exploita ses problèmes récents pour écrire le scénario. Son fils, Michael, est présenté comme un garçon dont les parents sont visés par le FBI tandis que le personnage de Chaplin est accusé d'être un communiste. Cette satire politique parodiait les actions de l'HUAC ainsi que le consumérisme de la société américaine des années 1950. Dans sa critique, le dramaturge John Osborne le qualifia de film le « plus acide… et de plus ouvertement personnel » de Chaplin.


Chaplin fonda une nouvelle société de production appelée Attica et tourna dans les studios de Shepperton dans la banlieue de Londres. Ce tournage fut difficile car il était habitué à son studio et à ses équipes hollywoodiennes et ne disposait plus d'une durée de production illimitée. Selon Robinson, cela eut un impact sur la qualité du film qui reçut des critiques mitigées à sa sortie en septembre 1957. Chaplin empêcha les journalistes américains d'assister à la première à Paris et décida de ne pas diffuser le film aux États-Unis. Cela handicapa fortement son impact commercial même s'il connut un succès modeste en Europe ; Un roi à New York ne fut présenté aux États-Unis qu'en 1973.

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