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Le Monopoly est un jeu de société américain édité par Hasbro. Le but du jeu consiste à ruiner ses concurrents par des opérations immobilières. Il symbolise les aspects apparents et spectaculaires du capitalisme, les fortunes se faisant et se défaisant au fil des coups de dés. Ce jeu de société est mondialement connu, et il en existe de multiples versions.

Monopoly | Prologue

Ce jeu, célèbre dans le monde entier, naît après la plus grande crise que Wall Street ait connue : celle de 1929, qui a vu se défenestrer des golden boy en plein Manhattan. Sans argent la vie ne valait apparemment plus d’être vécue… Un homme, lui, a cru en ses chances de créer quelque chose qui allait sans doute lui amener la fortune tant attendue.

Génie | ou simple observateur ?

S’il y a une qualité qu’il faut reconnaître à Charles Darrow, l’inventeur du Monopoly, c’est de savoir observer. L’environnement, la société, cette façon dont seule l’Amérique, berceau du capitalisme sait créer les richesses. C’est bien de cela qu’il s’agit pour Charles Darrow, au chômage en 1931. Une situation pas simple à l’époque, surtout aux Etats-Unis où, sans argent, on ne subsiste pas longtemps. Il a la bonne idée de s’intéresser de près à un jeu de société paru au tout début des années 1900. Baptisé The Landlord’s Game, c’est le fruit du travail d’Elizabeth Magie, une quaker de l’Illinois atterrée par le pouvoir grandissant des propriétaires fonciers qui tiennent la société d’une main de fer. Inspirée par l’économiste Henry Georges, partisan de l’impôt unique sur la terre, elle a créé en 1904 un jeu qui dénonce cette mainmise : « Je suis propriétaire, tu passes sur mes terres, tu me dois un loyer, etc. » Une idée, vous l’aurez compris, qui a largement inspiré Darrow pour son Monopoly.

Succès | immédiat ?

Comme souvent lorsque le succès est pharaonique, et c’est le cas du Monopoly, on pourrait croire qu’il est venu immédiatement. D’un simple claquement de doigts. C’est pourtant l’inverse dans le cas qui nous occupe. Charles Darrow propose son jeu au plus gros éditeur de l’époque, Parker Brothers, qui le refuse, expliquant à l’inventeur que les règles sont trop complexes, que les parties durent trop longtemps… Bref, le spécialiste du jeu de société ne croit pas au Monopoly. Mais Charles Darrow y croit, lui, dur comme fer. Avec ses moyens modestes, il va éditer lui-même son jeu et le succès sera au rendez-vous. Au point que ces diables de Parker Brothers, finalement convaincus, vont en acheter les droits à Darrow en 1935 (quatre ans après l’invention du jeu, tout de même. La société acquerra aussi, en 1936, les droits d’un certain Landlord’s Game auprès d’Elizabeth Magie pour une comme modique (on parle d’environ 500 dollars) : l’essentiel pour elle n’est pas l’argent, mais le message que doit faire passer le jeu dans le monde entier.

Carton | mondial

Malgré les disputes qu’il peut parfois générer, malgré la longueur des parties (qui peuvent durer jusqu’à une demi-journée), le jeu qui incarne le capitalisme cher aux Américains s’est venu à plus de 200 millions d’exemplaires de par le monde. On estime le nombre de joueurs à plus de 500 millions. Il est clair qu’à ce niveau, on peut parler de succès.

Plateau | dans toutes les mémoires

Même si vous rencontrez un jour quelqu’un qui n’a jamais disputé une partie du célèbre jeu de société, il saura ce que veut dire : « Vous êtes libéré de prison » ou cette simple petite phrase : « Ne passez pas par la case départ, ne recevez pas 20 000 F (ou 200 €) ». Bref, la rue de la Pax, les billets, les cartes « chance », les petites maisons vertes (mais pas écologiques pour autant), les grands hôtels rouges… autant de signes, de références, de souvenirs qui font de ce jeu ce qu’il est aujourd’hui : une référence incontournable.

Démocratie | Made in Monopoly

En 2007, Hasbro, propriétaire des droits du Monopoly, veut renouveler son jeu et propose aux Britanniques de décider, via un vote sur internet, quelles villes seront représentées à la place des rues lors d’une édition spéciale du jeu.  Vingt-deux cités sont lauréates pour cette édition baptisée Monopoly England. Le même type de vote est proposé en Allemagne et c’est Sarrebruck qui se voit octroyer la case la plus chère du plateau, juste devant Berlin. En France, c’est un peu plus compliqué. Les Français étant d’un naturel assez joueur et quelque peu espiègle, on retrouve dans une majorité des votes, cette bonne vielle ville de Montcuq, rendue célèbre par le sketch de Daniel Prevost diffusé dans les années 1970 lors d’une émission de Jacques Martin « Le petit rapporteur ». L’idée fait le buzz, comme on dit, relayée par de nombreux sites (toujours se méfier des sites, même quand on n’est pas un chevalier Jedi). La fin du vote arrive et, patatras ! Au grand désarroi de Hasbro, Montcuq arrive en tête ! Que faire ? Chez Hasbro, on ne va pas trop se triturer les méninges : on décide de passer outre le règlement en ignorant tout bonnement les votes des Français pour Montcuq. On crie bien sûr au scandale ! Le maire de Montcuq dénonce une parodie de justice. La ville de Montcuq et ses nombreux soutiens et votants l’ont dans le… Pour se faire pardonner, Hasbro annoncera une édition spéciale du Monopoly pour Montcuq, mais le mal est fait. C’est Dunkerque arrivée en seconde position, qui se verra octroyer l’emplacement de la rue la plus chère. Paris ne figure même pas sur le plateau du Monopoly France, pas plus que Marseille.

La compétition | fait rage

Depuis 1973, un championnat du monde de Monopoly attire de nombreux joueurs. Plusieurs milliers de dollars sont en jeu. A noter qu’un championnat de France du Monopoly existe également, le gagnant se voyant qualifié pour la compétition internationale.

Règles | pas toujours respectés selon les pays

Dans la règle de base du Monopoly, lorsque vous vous trouvez en prison, soit parce que vous avez effectué trois doubles de suite avec vos dés, soit parce que vous avez tiré une carte « Allez en prison », ou tout simplement en tombant sur la case « prison », vous continuerez à toucher vos loyers si un adversaire arrive su un de vos terrains (alors que, évidemment, vous n’en payez plus puisque votre pion est statique durant trois tours au maximum). Chose jugée immorale en France dans les années 1960. La règle de ne toucher aucun loyer durant son séjour en prison est donc mise en place. Autre variante de la règle d’origine : lorsqu’un joueur s’arrête sur la case « Parc gratuit », il ramasse l’argent qui repose au centre du plateau, issu des taxes de luxe et du tirage des cartes « caisse de communauté ». Au départ, cette case était neutre et n’apportait rien au joueur.

Toujours plus | Terra Humanis

En France, on s’étonne que les cartes de la case « chance » ne porte justement pas toujours chance au joueur. En anglais, le terme chance a plutôt la valeur du mot français « hasard ». Ces cartes sont donc plutôt mal nommées…


L’édition originale de 1936 comporte les noms des rues de la ville d’Atlantic City, mais leur valeur n’est pas inscrite sur le plateau.


Dans les années 2000, le joaillier Américain Mobell signe un plateau de Monopoly constellé d’or et de pierreries d’une valeur de 2 millions de dollars. On peut le voir au musée de la Finance de Wall Street.


Durant le troisième épisode de la deuxième saison d’Hercule Poirot (« La mine perdue » avec David Suchet), ont voit le personnage d’Agatha Christie jouer au Monopoly contre son compagnon d’aventure Hastings.


La chanteuse Zazie, dans sa chanson « Rue de la Paris », évoque les nombreuses fois le Monopoly pour dénoncer une société par trop inégalitaire.

Des versions | à n'en plus finir

De marques comme Coca-Cola, des personnages de comics comme Hulk, de jeu vidéo avec Nintendo Zelda, Mario, de dessins animés comme les Simpson, de série télé avec The Walking dead, de cinéma avec Star Wars… Un grand nombre de versions de Monopoly adaptées de e qui « marche » ont vu le jour depuis quelques années. Le Monopoly sera décidément toujours une parfaite illustration du capitalisme. Il sera même disponible sur cédérom, sur téléphone portable, sur console de la NES et la WII de Nintendo ou la console portable DS. Une mine d’or, ce Monopoly !

Monopoly | Au secour des prisonniers de guerre

La maison Waddington’s qui fabrique et distribue le Monopoly en Angleterre, en a créé des versions spéciales durant la seconde guerre mondiale. Une division secrète est mise en place dans la société à laquelle seuls les employés de confiance ont accès. On y cache des limes dans les plateaux de jeux, on équipe les boîtes de vrais billets du pays où sont envoyés les jeux destinés aux prisonniers de guerre anglais, des plans d’évasion et subtilement ajoutés aux cartes des petites boussoles sont fournies… Le Monopoly fait de la résistance !

Monopoly | Edition anniversaire

Monopoly | Le test des parents