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Histoire | d'une émission culte

03 JUILLET 1978 - 29 JUIN 1988 | ANTENNE 2

Les enfants ont voué dix années durant un véritable culte à Dorothée. Aujourd’hui encore, les quadras n’ont pas oublié leur émission préférée et la bande de « Récré A2 »


« Récré A2 », c’est un peu le giscardisme appliqué aux émissions jeunesse. La modernité pour slogan, un brin de mai 68, et pas mal d’accordéons et de bals populaire. Plus vraiment le monde d’hier, ni le gaullisme à papa façon « Bonne nuit les petits » et autre Gloubi Boulga. Pas encore la gabegie de demain, tendance « année fric » et Club-Do bling-bling. L’enfant n’est pas au centre de l’école mais il devient la cible de la télévision. L’heure est encore à la pédagogie. Il faut « apprendre en s’amusant ». Voilà la mission de Jacqueline Joubert, première speakerine de France reconvertie directrice de l’Unité de Programme Jeunesse d’Antenne 2. Charge à elle de faire de cet impératif un nouveau programme.


C’est ainsi que le 3 juillet 1978 naît « Récré A2 ».


Pour l’animer, elle fait appel à une de ses protégées : Dorothée. Frédérique Hoschedé de son vrai nom, la maman d’Antoine de Caunes l’a remarquée en 1971 alors qu’elle était jurée d’un concours de théâtre. Séduite par l’énergie et la bonne humeur de la jeune fille, elle se souvient d’elle deux ans plus tard pour présenter « Les mercredis de la jeunesse ». Dorothée s’y fera un nom et un nouvel ami, ma marionnette Blablatus. Puis ce sera « Les visiteurs du Mercredi », mais, au terme d’une saison, l’animatrice est remerciée. Verdict d’Eliane Victor, alors directrice des programmes : « Vous n’êtes pas faite pour ce métier ».


Une courte traversée du désert, puis direction la cour de « Récré A2 ». Dans ce qui est d’abord conçu pour être un programme estival, Dorothée n’est pas seule à l’écran : elle partage le haut de l’affiche avec un comédien, Gérard Chambre. Le premier d’une bande les « Récréamis », qui ne va cesser de s’agrandir dès lors que l’émission est reconduite à partir de septembre 1978. Un peu « Les Bronzés » à la Récré : William Leymergie, dit Willy, producteur et animateur, Patrick Simpson-Jones, ex GO du Club Med devenu speakerin, Ariane Gill, une habituée des coulisses des émissions de variétés, Jacky, attaché de presse musical et spécialiste du Rock, Corbier, un chansonnier découvert au Caveau de la République, les comédiennes Charlotte Kady et Zabou Breitman. C’est eux qui vont animer les nombreux programmes pédagogiques de cette émission. Et à « Récré A2 », c’est sûr, on ne cesse d’étudier : la littérature (Bouquin Copain), la musique (Sido et Rémi), le cinéma (C’est Chouette), la géographie (Le monde selon Georges) le théâtre (Jean qui rit, Jean qui pleure) et même l’opéra (Récré Opéra). Et puis il y a Maître Cabu et son Maraboud’ficelle. C’est William Leymergie, fin consommateur de bande dessiné, qui a parrainé le Grand Duduche. L’idée peu paraitre saugrenue mais le redoutable caricaturiste est déjà un habitué des plateau télé (on le voit régulièrement à « L’invité du Jeudi ») et c’est surtout un authentique gentil qui prend beaucoup de plaisir à ravir les enfants avec tous les dessins qu’il réalise en direct. Des « Copains » bien sympathiques se prêtant à toutes les pitreries, mais très vite aussi des faire-valoir de Dorothée qui, en quelques années, s’impose comme la grande sœur de millions de petits Français.


C’est bien simple, elle est partout : à la télévision, à la radio, en concert à l’Olympia et au Champs de Mars, en roman-photo ou en bandes dessinées, à la une des magazines et au Musée Grévin, en Mère Noël le 24 décembre et en Marianne choisie par les lecteurs de Télé 7 jours, sur les podium des Victoires de la Musique comme sur ceux des 7 d’or, en héraut de Mickey pour présenter Disney Channel ou pour chanter Rox et Roucky, en Schtroumpfette d’honneur intronisée par Peyo ou en marraine de Eworks choisie par George Lucas lui-même, et même en actrice pour François Truffaut (L’amour en fuite) ou Robert Enrico (Pile ou face). Du jamais vu. Du jamais revu aussi !


Une success-story impensable qu’elle soit pour beaucoup à Jean Luc Azoulay. Car si Jacqueline Joubert est sa « deuxième maman », comme Dorothée aime à le répéter, c’est définitivement lui son « deuxième papa ». Ou plutôt son pygmalion. Azoulay qui vient tout juste de s’associer à Claude Berda pour créer la société A.B., à remarqué l’animatrice dès 1977, et lui à demandé avant tout… de chanter. D’abord de vieilles comptines françaises, puis des comédies musicales (Dorothée au pays des chansons, Le royaume de Digue dondaine et des génériques de dessins animés. Avec toujours plus de succès. Mais c’est avec Hou la menteuse, qu’elle pulvérise tous les records : 1,5 millions d’exemplaires de 33 tours, et 1.3 millions de 45 tours. Une star donc, qui nourrit la popularité grandissante de « Récré A2 » (Casimir et L’île aux enfants, son concurrent historique a depuis longtemps déclaré forfait) tout en utilisant à son compte cette formidable tribune audiovisuelle. Une émission où l’on voue d’ailleurs un étrange culte à son nez : Corbier chante ses péripéties, Cabu dessine ses turpitudes, etc. C‘est drôle mais çà ne fait pas vraiment rire Jacqueline Joubert qui tient à conserver la main haute sur son émission. Et ce n’est surement pas un hasard si, en mars 1983, elle fait venir une nouvelle recrue, Marie Dauphin, qui, chuchote-on, serait la remplaçante de Dorothée. Crise de lèse-majesté, elle lui confie même la chanson du thème de « Récré A2 ». Peine perdue, l’année suivante Dorothée se voit couronnée par un nouveau programme « Récré A2 matin », dont elle est pour la première fois, productrice. Dorothée ne craint personne. Ou presque.


Paraphrasant le Général de Gaulle, l’animatrice aurait pu dire à Jacky : « Ma seule rivale télévisuelle, c’est Candy ». La petite orpheline blonde ou n’importe lequel des héros japonais qui font battre le cœur des cours d’école et de l’industrie des produits dérivés.


« Récré A2 », restera ainsi dans les mémoires comme l’émission par qui l’invasion du manga est arrivée. A l’origine de raz-de-marée, jamais réellement démenti depuis : Bruno-René Huchez. Ce passionné découvre, lors d’un séjour au Japon, ces incroyables personnages qui font un tabac dans l’archipel et en achète les droits pour l’Europe. A Jacqueline Joubert, il propose d’abord « Goldorak ». Pas convaincue par un robot samouraï extra-terrestre qu’elle trouve laid et violent, elle autorise tout de même une diffusion estivale. On connaît le résultat : le prince Actarus et ses amis deviennent la coqueluche des petits Français. Trois cent mille exemplaires du magazine officiel tous les quinze jours, quatre cent mille 45 tours du premier générique, vingt cinq mille membres du club des amis de Goldorak un an après sa diffusion, la couverture de Paris-Match… Et une première polémique sur la violence des productions asiatiques avec comme témoin un livre : A cinq ans, seul avec Goldorak… Qu’importe, ces séries vont se suivre sans vraiment se ressembler et marquer à jamais des générations futurs « adulescents » nostalgiques : « Albator », « Cobra », ou « Tom Sawyer » pour les garçons, « Candy » et « Lady Oscar » pour les filles, sans oublier les « live » (« X-Or », « Spectreman », « San Ku Kai »), les épigones américaines (« Transformers », « Cosmocats », « Les maîtres de l’Univers ») et les nombreuses productions ou co productions françaises encouragées par Jacqueline Joubert (« Les mondes engloutis », « Les mystérieuses cités d’or », « L’inspecteur Gadget », « Clémentine »).


1987. La privatisation de T.F.1. sonne la fin de Récré A2. Débauchée, Dorothée est promue responsable de l’Unité de Jeunesse de la Une et lance en grande pompe son Club Do. Malgré la présence de Jacqueline Joubert et de Cabu qui ont refusé de quitter le navire, « Récré A2 » s’éteint dans l’indifférence générale un beau soir de 1988. Mais que c’est il donc passé réellement en coulisse ?

Récré A2 | La première

Générique | Récré A2

Récré A2 | Marie Dauphin

Petits meurtres | entre récréamis

La « Trahison » de Dorothée contre la « Jalousie » de ceux qui sont restés. En 1987, il faut choisir son camp car les boulettes de papier mâché pleuvent de toutes parts. Une guerre ouverte est réellement déclarée, et les coups bas vont pleuvoir… Charlotte Kady et Marie Dauphin osent continuer « Récré A2 » ? Elles seront tous les jours sur T.F.1 dans la sitcom « Marotte et Charly » où Jacky et Patrick Simpson -Jones incarnent les deux greluches fans de Richard Bronson. Quant à Jacqueline Joubert, elle ne pardonnera jamais à Dorothée d’avoir cédé aux sirènes du grand capitalisme et reniera celle qui aurait « vendu son âme à un gangster ». Une virulence aussi que l’on retrouvera dans les propos d’Antoine de Caunes, jamais très fin lorsqu’il s’agit d’évoquer l’ancienne protégée de sa mère : « Dorothée est bilingue, elle parle mongolien ». A tout cela, l’animatrice ne répondra pas. C’est Jean-Luc Azoulay qui s’en chargera grâce à une arme imparable : Les Musclés. Sous le pseudonyme de Jean-François Porry, il écrit ainsi pour les interprètes de « Merguez Party » des chansons réquisitoires contre « Télérama », « Le monde », « Canal Plus » etc. Et dans Antoine Decône, il révèle même, entre deux méchancetés, un secret de polichinelle : C’est le jeune Antoine, alias Paul Persavon, qui a écrit les paroles des génériques cultes des dessins animés de « Récré A2 ».


Pour Marie Dauphin questionnée sur le sujet sa réponse est franche : « On en prenait plein la tête pour pas un radis, Jacqueline (Jacqueline Joubert) nous a donné la consigne de ne pas répondre. C’est une incompréhension totale, on était dans la quatrième dimension ».


 Cette émission parodique reste réellement une incompréhension, comment une telle guerre aussi crue, dépassant le politiquement correcte, se moquant ainsi ouverte de deux consœurs, collègue et amis est née ? Qui en a eu l’idée ? Pourquoi est-elle née ? A ce jours aucune réponse réelle n’a été apportée, uniquement des « ont dit… » N’en reste pas moins que Terra Humanis continu son enquête !

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