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Marques automobiles | Terra Reporter

Ce sont quatre associés qui créent la marque AMILCAR en 1921 à Saint-Denis. Les deux porteurs d’idée sont Edmond Moyet ancien ingénieur chez le constructeur automobile Zèbre, et André Morel, pilote. Les deux autres associés sont les financiers Joseph Lamy et Emile Akar. Le nom commercial de la marque est une sorte d’anagramme de leurs noms.

Fiche express

  • CRÉATION : 1921
  • DATES CLÉS : 1927 : MARCEL SÉE PREND LA DIRECTION – 1939 : ACQUISITION PAR HOTCHKISS
  • DISPARITION : 1939
  • FONDATEURS : JOSEPH LAMY – AMILE AKAR
  • PERSONNAGES CLÉS : EDMOND MOYET – MARCEL SÉE – ANDRÉ MOREL
  • FORME JURIDIQUE : SOCIÉTÉ ANONYME
  • SIÈGE SOCIAL : SAINT-DENIS ( FRANCE )
  • PRODUITS : CYCLECAR - VOITURETTE
  • FILIALES : LECCO

Vidéos AMILCAR

L'histoire de la marque

Emile Akar est nommé directeur général de la société et Joseph Lamy directeur commercial. Edmond Moyet est ingénieur en chef et assure la direction du bureau d’études de l’usine. Quant à André Morel, il à la responsabilité des ventes. Ils constituent tous les quatre la SNPA, Société Nouvelle pour les Automobiles Amilcar.


Les voitures produites sont avant tout des cycles-cars, c’est-à-dire des voitures à 4 roues, d’une cylindrée inférieure à 1 100 cm3 et d’un poids n’excédant pas 350 kg. La première voiture Amilcar est un modèle de type CC équipé d’un moteur 4 cylindres en ligne, d’une cylindrée de 903 cm3 et accouplé à une boîte à trois vitesses. Le rapport poids/puissance est très favorable et la voiture atteint une vitesse de 75 km/h. La suspension est assurée par 4 ressorts semi-cantilevers. En 1922 l’Amilcar CC est proposée en deux versions, un modèle CS à châssis cours de 2,55m pour la version Sport, d’une cylindrée de 985 cm3 autorisant une vitesse de 100 km/h, et un modèle C4 sur châssis long de 2,50m, plus familial, offrant 4 places, équipé d’un moteur dont la cylindrée est portée à 1 004 cm3. Apparait ensuite en 192 le modèle CGS (Châssis Grand Sport), doté d’un moteur un peu plus puissant avec une cylindrée de 1 074 cm3. La suspension est assurée par des ressors semi-elliptiques à l’avant et d’un quart elliptique à l’arrière tandis qu’un dispositif sur les 4 routes assure le freinage. Le cycle-cars présentés sont plus lourds et plus puissants et sont donc classés dans la catégorie des voiturettes à partir de 1923. Un modèle utilitaire camionnette rejoint le catalogue en 1924. La même année apparaît le modèle type E 10 HP équipé d’un moteur d’une cylindrée de 1 600 cm3.


En ce qui concerne l’aspect sportif, l’Amilcar CC remporte de nombreuses victoires dans sa catégorie, dont l’épreuve du kilomètre lancé à Lyon en 1921 à la moyenne de 90 km :h, tandis que l’Amilcar CS gagne le Bol d’Or automobile en 1922. Compte tenu d’un prix abordable, l’Amilcar fait le bonheur des passionnés de course automobile, qui font briller la marque sur de nombreux circuits. La version présentée en 1925 est encore plus sportive, avec un moteur dont le rendement est amélioré et le châssis surbaissé, d’où le nom de CGSS (Châssis Grand Sport Surbaissé). Le moteur développe une puissance de 37 ch. Les deux places côte à cote sont décalées pour laisser au pilote une plus grande aisance, car la voiture est très étroite. A cette époque l’équipage est constitué d’un pilote avec son mécanicien. La série des modèles connaît un engouement inattendu auprès de la clientèle et les ventes affluent.


Amilcar accorde rapidement la licence de ses modèles CGS et CGSS à l’étranger. Ainsi ils sont fabriqués sous le nom de Pluto en Allemagne, Groffri en Autriche et Amilcar Italiana en Italie.


Cependant les voitures ont du mal à rivaliser avec la marque Salmson plus avancée techniquement. Aussi Edmond Moyet a-t-il pour mission de fabriquer une voiture qui soit compétitive. En 1925, il met donc au point un nouveau modèle équipé d’un moteur 6-cylindres en ligne à double arbre à cames en tête, doté d’un compresseur et d’un vilebrequin à 7 paliers. La cylindrée du moteur CO est de 1 097 cm3 et développe une puissance de 90 chevaux. Le dispositif de freinage agit sur les ressorts à plats à l’avant et cantilever à l’arrière. La CO remporte le record de vitesse du Miles lancé à 197 km/h de moyenne. En 1927 l’usine construit 3 monoplaces Amilcar type MCO avec une puissance de 107 chevaux. La voiture atteint la vitesse maximale de 200 km/h, ce qui est élevé pour l’époque. Le pilote Morel bat le record du kilomètre lancé en 1928 à la vitesse de 210 km/h.


Amilcar sort le type G, une voiture de tourisme, en 1925, avec un moteur 4-cylindrée de 1 244 cm3, et développant une puissance de 27 chevaux. La suspension est assurée par des ressorts à lames semi-elliptiques et des amortisseurs sur les deux essieux. La vitesse maximale est de 110 km/h. Le type de carrosserie est plus classique, moins arrondi avec les berlines (conduites intérieure, torpédo, coupé et cabriolet) proposées au catalogue.


L’Amilcar type L, rejoint la gamme en 1928 et la type M en 1929. Les M2 produites en 1928 et 1931, et M3 de 1931 à 1935, sont des déclinaisons du type M. Tous ces modèles n’ont pas de modifications techniques importantes et la base reste identique jusqu’en 1934. La période correspondant à la fin des années 20 est difficile pour Amilcar, notamment à cause de la crise financière de 1929. Les financiers d’origine, Joseph Lamy et Emile Akar, quittent la société. Ils sont remplacés par un administrateur, marcel See, qui a en charge le redressement d’Amilcar influencé par le marché américain, il impulse une nouvelle orientation à la marque en produisant une voiture de tourisme de luxe. Un accord est signé avec William Crapo Durant, fondateur de la General motors, pour l’exportation, tandis que l’ingénieur Edmond Moyet, directeur du bureau d’étude, réalise le dessin de la carrosserie.


La nouvelle Amilcar CS8 est présentée au Salon de l’Auto en 1930. Elle est équipée d’un moteur 8-cylindres en ligne avec un arbre à cames en tête, d’une cylindrée de 2 300 cm3 et accouplé à une boite de vitesse à 4 rapports. Mais la crise financière ralentit le marché et la voiture, qui s’avère fragile, est boudée par la clientèle. Marcel See revoit sa stratégie et décider de préparer une voiture plus petite et plus économique en rapport avec la situation et les besoins du marché français. Le modèle C, équipé d’un moteur 4-cylindres à soupape latérales d’une cylindrée de 845 cm3, rejoint le catalogue puis se décline en type C3 avec le même moteur dont la cylindrée est portée à 877 cm3. L’évolution de la C continue et le type C5 est produit en 1934 avec un moteur d’une cylindrée de 929 cm3 monté sur un châssis plus long. Cette même année Amilcar déménage et s’installe dans une nouvelle usine à Boulogne Billancourt. C’est durant cette période que la SOFIA, Société d’Organisation Financière pour l’Automobile, prend le contrôle d’Amilcar.


La production d’un nouveau modèle appelé Pégase est décidée e 1934 pour relancer la marque. Il est équipé d’un moteur 4-cylindres en ligne d’une cylindrée de 2 120 cm3, conçu par l’ingénieur Alphonse Grillot. Malheureusement ce moteur n’est pas au point et malgré une carrosserie modernisée la Pégase ne se vend pas. Amilcar ne peut redresser la situation et l’entreprise est mise en dépôt de bilan avec poursuite d’exploitation en 1935. Une modification intervient sur la Pégase qui est au catalogue, équipée d’un moteur Delahaye déjà existant, d’une cylindrée de 2 150 cm3 développant une puissance de 58 chevaux pour une vitesse maximale de 125 km/h. Elle est également proposée en version cabriolet avec le même moteur alimenté par deux carburateurs ce qui lui permet d’atteindre une vitesse de pointe de 135 km/h. En 1936 la SOFIA est rachetée par Hotchkiss qui décide de créer un modèle en misant sur les études de l’ingénieur Grégoire qui a conçu une voiture a traction avant en partenariat avec les Aluminium Français. L’Amilcar Compound B38 est présentée au Salon de l’Auto en 1937 et remporte un succès mitigé. Quand au modèle suivant, le B67, préparé en 1940, il reste à l’état de prototype. A partir de 1939, la gamme Amilcar n’est plus constituée que de fourgonnette et d’ambulances produites jusqu’en 1942 pour la Croix-Rouge Française.


La seconde guerre mondiale est déclarée : La production s’arrête et les usines se consacrent à l’effort de guerre. Amilcar disparait définitivement de la liste es constructeurs automobiles en 1939 et Hotchkiss décide de ne pas relancer la marque à la fin de la guerre.

  

1921