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Cinématographe | Terra Reporter
Cinéma Cinémas | Terra Reporter

Thomas Guillaume Bouly (1872 - 1932) est un inventeur français et le créateur du terme cinématographe. Très peu de choses sont connues le concernant, si ce n'est qu'après avoir construit des appareils de chronophotographie, il dépose le 12 février 1892 le brevet d'un appareil « réversible de photographie et d'optique pour l'analyse et la synthèse des mouvements, dit le “Cynématographe Léon Bouly”. » Le 27 décembre 1893, il apporte une correction sur le nom de son appareil qui devient Cinématographe. D'après la description de cet appareil, il est en théorie capable de faire la prise de vues et également la projection de photographies en mouvement. Il utilise comme support un film Eastman recouvert sur une face d'une émulsion photosensible sans perforations et il comprend l'ensemble des principes nécessaires à la prise de vues animées : système d'avance intermittent du film synchronisé avec l'obturateur. Cependant, dans son Histoire du cinéma pour les nuls (éditions First, 2008), Vincent Mirabel affirme de manière erronée que l'appareil Bouly « ne fut jamais construit » alors que deux exemplaires sont conservés au Musée des Arts et Métiers à Paris, mais leur bon fonctionnement n'a jamais été prouvé, aucun article de journal de l'époque n'atteste en effet de l'existence d'une quelconque projection effectuée par leur inventeur, que les journalistes scientifiques n'auraient pas manqué d'évoquer. En 1894, Bouly n'ayant pas payé les redevances de ses brevets, le nom cinématographe devient disponible et les frères Lumière déposent leur propre brevet sous cette appellation le 13 février 1895. Ignoré dans l' Histoire générale du cinéma de Georges Sadoul (1950) ou dans l' Histoire du cinéma de Jean Mitry (1965), le nom de Léon Bouly est maintenant cité dans des ouvrages plus récents qui reconnaissent aujourd'hui qu'avec son brevet (n°219 350) il fut, avant les frères Lumière, celui qui imagina d'utiliser un mélange du grec ancien et du latin pour désigner son mécanisme, et l'on sait à quel succès était destiné ce mot (du grec κίνημα / kínēma, « mouvement » et γραϕή / graphê, « art d'écrire, écriture »). À noter que dès 1891, Thomas Edison nommait Kinétographe l'appareil de prise de vues photographiques animées qu'il avait conçu et que son assistant, William Kennedy Laurie Dickson, avait mis au point, et qui fut à l'origine des premiers films du cinéma, dès 1891. Ce terme de kinétographe (d’après le grec ancien kinetos et graphein qui signifient respectivement "mouvement" et "écrire") servit de base d'appellation du cinéma dans plusieurs langues autres que latines. Kino, aussi bien en allemand qu'en russe, et dans bien d'autres langues, désigne le cinéma.

Fiche express

  • PREMIER BREVET : LEON BOULY 1892
  • TERME 7E ART : RICCIOTTO CANUDO 1920
  • TERME KINETOGRAPHE : THOMAS EDISON 1891
  • PREMIER FILM : WILLIAM LAURIE DICKSON

Vidéos CINEMATOGRAPHE

Possibilité technique

FIN

XIV ème

SIÈCLE

A la fin du XIXe siècle, le progrès de l’optique associés à l’augmentation du temps libre et à la richesse de la bourgeoisie rendent le cinéma possible. De la lanterne magique aux appareils de visualisation par œilletons, certaines procédés optiques se révèlent très populaires.


Eadweard Muybridge et Etienne-Jules Marey ouvrent la voie avec leurs études photographiques du mouvement. Le Kinétoscope de Thomas Edison, un appareil cinématographique individuel muni d’une lorgnette, remporte un vif succès. En 1895, les frères lumières inventent la première caméra et le concept de projection publique. Toutefois, jusqu’au début du XXe siècle, le cinéma reste une nouveauté.

Culture

Avant la Première Guerre mondiale, l’industrie cinématographique européenne se trouve à un niveau au moins égal à celui des Etats-Unis. Chaque pays possède son propre style. La France produit des drames costumés (L’assassinat du duc de Guise, 1908) et les films comiques de Max Linder. L’Italie réalise des épopées classiques (La chute de Troie, 1910). Le Danemark dirige des tragédies (Atlantis, 1913) et l’Allemagne popularise les films d’auteurs prestigieux comme L’étudiant de Prague.


Les années 1910 sont marquées par le règne du feuilleton. Chaque épisode est conçu pour être compris individuellement, mais le suspense est soutenu pendant plusieurs mois par une intrigue à rebondissements. Louis Feuillade se lance dans les feuilletons policiers avec Fantômas, tandis que Pearl White devient la « reine du feuilleton » dans The perils of Pauline (1914).

Système des studios

Au début des années 1910, Carl Laemmle (Universal) et Adolph Zukor (Paramount), producteurs éminents, veulent consolider leur pouvoir. Afin d’entendre leur contrôle à la projection des films, ils décident de fusionner avec des distributeurs et des chaînes de salles de projection, créant ainsi un système vertical qui sera le socle de la suprématie du cinéma américain. Les compagnies les plus importantes s’installent dans de vastes complexes à Hollywood, en Californie.


Les patrons de studios exercent souvent un contrôle sur la création. Chez Universal et à la M.G.M., le charismatique Irving Thalberg à la réputation de choisir de bonnes histoires, ce qui n’est pas le cas de tous les producteurs. Frustrées par les restrictions qu’elles doivent subir, quatre des plus grandes stars de l’époque, Mary Pickford, Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks et D.W. Griffith, fondent ensemble la compagnie United Artists pour pouvoir créer et distribuer leurs propres films.

Première histoire

Inspirés du Vaudeville, les toute premiers films sont en général constitués d’un plan unique. Lorsqu’ils durent plus longtemps, c’est au projectionniste de décider si les différentes prises doivent être montrées séparément ou à la suite l’une de l’autre. Bientôt apparaissent des « actualités » sur la vie quotidienne, des reconstitutions d’événements courants et des scènes de fiction.


Alors que les frères lumière affectionnent les films de voyage, des pionniers tels que Georges Méliès et Edwin S. Porter s’essaient à la fiction. Méliès construit un studio où il fait évoluer illusion et effets d’optique. Quand à Porter, qui a travaillé pour Edison, il repousse les limites narratives avec sa Vie de pompier américain : ce film comporte une suite de prises, dont l’un montre un personnage « imaginant » (par superposition) un incendie. Il introduit également les « cartons » (servant d’intertitres) dans le cinéma américain.

Premier cinéma, star, studio

Grâce à la création des premières salles de cinéma, l’art cinématographique est considéré comme plus sérieux. Les producteurs forment des troupes et les spectateurs commencent à reconnaître les acteurs. Ainsi, Florence Lawrence, qui travaille d’abord comme actrice et costumière pour Vitagraph, se fait connaître en jouant dans une suite de grands succès pour les studios Biograph : ses admirateurs écrivent pour obtenir son nom. Craignant que la célébrité (depuis longtemps monnaie d’échange au théâtre) incite les acteurs à réclamer plus d’argent, le studio décide de la désigner par l’expression « jeune première de Biograph ».


Au sein de Biograph, le premier metteur en scène de Lawrence est D.W. Griffith, vite considéré comme le créateur de films « artistiques ». Grâce au caméraman Gottfried Wilhelm « Billy » Bitzer, à des actrices telles que Blanche Sweet et Lilian Gish, et à l’influence du cinéma européen, il popularise nombre de techniques nouvelles.

Règle du jeu

Pendant que les conventions du langage cinématographique sont formalisées à l’aide d’outils narratifs (tels que les procédés de montages) ou de techniques de production (comme l’écriture du découpage et des dialogues), des genres distincts se développent. Les rodéos de Tom Mix popularisent le western, bien que son style athlétique soit très éloigné du réalisme émouvant de son rival, William S. Hart.


Les films burlesques attirent les foules grâce à leurs situations et acrobaties bouffonnes. En 1921, procès de « Fatty » Arbuckle, l’une des vedettes du genre, pour faits supposés de viol et de meurtre, soulève la question de la moralité relâchée des stars et des réalisateurs. Les studios essaient alors de prévenir une répression nationale : afin d’éviter l’institution de lois de censure et de reconquérir l’approbation du public, ils chargent William H. Hays, ancien chef du service postal américain d’« assainir le cinéma ».