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Wonder Woman | Terra Reporter

La Citroën 2 CV (pour « deux chevaux »), familièrement appelée Deuche ou Deudeuche, est une voiture populaire française produite par Citroën entre le 7 octobre 1948 et le 27 juillet 1990. Le prototype 1939 et le dernier modèle de 1990. Avec un peu plus de 5 100 000 exemplaires elle fait partie des dix voitures françaises les plus vendues de l'histoire.

Fiche express

  • MARQUE : CITROËN
  • ANNÉES DE PRODUCTION : 1948 – 1990
  • PRODUCTION : 5 114 961 EXEMPLAIRES
  • CLASSE : CITADINE
  • ÉNERGIE : ESSENCE
  • TRANSMISSION : TRACTION
  • BOÎTE DE VITESSES : MANUELLE
  • POIDS A VIDE : 475 A 575 KG
  • VITESSE MAXIMALE : 60 A 115 KM/H

Vidéos 2 CHEVAUX

La genèse

Affublée sur surnoms souvent moqueur mais toujours affectueux, une de celles qui dans l’après-guerre mirent la France sur quatre roues est devenue une légende. Rude à la tâche, pleine d’une bonne volonté désarmante malgré l’avarice de sa présentation et de ses performances, elle a séduit tous les publics, des paysans aux babas cool. Et que de souvenirs !



Voiture universelle ? Peut-être pas, quand même. Mais bonne à tout faire, certainement ! Avec sa carrosserie dont l’esthétique continue de continuer un mystère inexplicable soixante-dix ans après sa création, elle a tout vu, tout vécu : forte de ses 9 chevaux SA E initiaux, elle a affronté la boue des chemins creux, serpenté sur les routes secondaires du haut de ses 65 km/h, acheminé presque partout dans le monde familles, bagages et chargements divers.


Âpre aux taches quotidiennes pour déplacer bûches, patates et gravats, elle a toujours offert ses services avec bonhomie, se pliant à toutes les attentes. C’est son intarissable générosité qi l’a ancrée dans nos souvenirs comme la voiture la plus serviable de sa génération. Mais elle a aussi été de toutes les aventures, des plus ingrates aux plus échevelées, mettant en avant son infatigable rusticité et son endurance enjouée.


Comme pour lui rendre des hommages tendres et taquins, elle a été mise à toutes les sauces : carrosserie baroques, peintures psychédéliques, greffes mécaniques improbables… C’est tout ce bestiaire pittoresque et hautement hétéroclite qui peuple nos mémoires. Sur fond de grande gratitude pour toutes les aventures partagées.

07

OCTOBRE

1948

QUATRE ROUES SOUS UN PARAPLUIE

« Une voiture pouvant transporter deux cultivateur en sabots, cinquante kilos de pommes de terre ou un tonnelet à une vitesse maximum de 60 km/h pour une consommation de trois litres d’essence aux cent. Ce véhicule doit pouvoir passer dans les plus mauvais chemins, il doit être suffisamment léger pour être manié sans probleme par une conductrice débutante. Son confort doit être irréprochable : les paniers d’œufs transportés à l’arrière doivent arriver intacts. Son prix devra être bien inférieur à celui de notre Traction Avant. Enfin, je vous précise que son esthétique m’importe peu. » Nous sommes à l’automne 1935. C’est Pierre BOULANGER, futur patron de Citroën, qui parle. Il dresse le portrait-robot de la Deuche. Ses mots sont alors sacrément visionnaires. Car, imaginer une auto volontairement rustique, très peu chère et qui puisse, à force de polyvalence et d’autonomie, s’adresser au plus grand nombre, et avant-guerre une recette totalement décalée ! La voiture reste un objet aristocratique ou bourgeois, réservé à une clientèle aisée. Quant à la doter d’une facilité de conduite qui la destine à « une » jeune titulaire du permis, dans le monde un tantinet masculin de l’automobile à cette époque, est totalement fou !

ANCRAGE RURAL

Les propos du patron sont même révolutionnaires. Une voiture pour les paysans ? Qui aurait imaginé çà… Pour des citadins, des notables, des médecins, des commerçants, des artisans, oui ! Mais les habitants de campagnes…  Et c’est très bien vu : à l’époque, 48% de la France est rurale. L’analyse de Boulanger s’appuie sur une « enquête de route » réalisée par le responsable Jacques DUCLOS, auprès de 10 000 automobilistes (initiative sans précédent à l’époque, en Europe). Il ressort de cette étude que la voiture n’a pas besoin d’aller beaucoup plus vite qu’un cheval… Et que son caractère pratique, notamment pour emporter tout type de chargement, prime sur toute autre notion.


L’auto sera donc faite pour les campagnes françaises, elle va prendre le nom de TPV : Toute Petite Voiture. Techniquement, pas question de faire machine arrière juste après la Traction : même petite, même archi-économique, la future Citroën aura des roues avant motrices ! Ca aussi, c’est un sacré défi… Pour la carrosserie, les solutions les plus loufoques sont envisagées, jusqu’à une plateforme en contre-plaqué sur laquelle se greffe une peau en toile cirée.

STYLE BACTARIEN

C’était dit dès le début, la voiture n’avait pas besoin d’être belle. De là en faire une « boîte de sardine », premier surnom qui lui fut donné…. C’est vrai : sa silhouette atypique n’est pas inspirée par les canons de l’élégance. La 2CV se situe… à côté. Tout à part du principe de la construire à moindre coût. D’où des surfaces de tôle nervurée. Elle n’est pas là pour faire jolie : Vu la minceur des tôles (6 dixième de de millimètres) pour gagner du poids et de l’argent, c’est le seul moyen de rigidifier (un peu) les panneaux de carrosserie. Mais ne parlez pas de crash-test à un 2CV ! Au-delà de 15 km/h, elle s’avoue vaincue…


L’habitacle ? il ne doit pas être riquiqui. Ce qui oblige à un certain gabarit : 3.78m, on a vu plus court. Il y aura quatre portes ! Des vitre partiellement ouvrantes à l’avant. Et un toit intégralement en toile, qui s’enroule à la façon d’un couvercle de boîte de sardines. Jusqu’au pare-chocs arrière. Gain de poids !

TOUT LE SÉRIEUX NÉCESSAIRE

Dès 1937, quarante neuf prototypes sont assemblés. Environ deux cents premiers exemplaires de série suivront juste avant la guerre. Seuls cinq ont survécu. La silhouette définitive est figée en 1947. Même si, jusqu’au bout, il n’y a qu’un seul phare… L’épopée peut commencer…