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Rabbit Jacob | Terra Reporter

Les Aventures de Rabbi Jacob est un film comique franco-italien sorti en 1973, réalisé par Gérard Oury, sur un scénario de celui-ci et Danièle Thompson, avec la collaboration du rabbin Josy Eisenberg, et de Roberto de Leonardis. Il marque la quatrième et dernière collaboration entre Gérard Oury et Louis de Funès, dont les ennuis de santé ne permettront pas la réalisation de leur projet suivant, Le Crocodile.

Fiche express

  • RÉALISATION : GERARD OURY
  • SCÉNARIO : GERARD OURY, DANIÈLE THOMPSON, JOSY EISENBERG, ROBERTO DE LEONARDIS
  • ACTEURS PRINCIPAUX : LOUIS DE FUNES, BOURVIL, CLAUDE GIRAUD
  • PAYS D’ORIGINE : FRANCE - ITALIE
  • GENRE : COMÉDIE
  • DURÉE : 100 MINUTES
  • SORTIE :  18 OCTOBRE 1973

Vidéos RABBIT JACOB

Récit d'un tournage épique

13

OCTOBRE

1973

45 ans au compteur et que tu bonheur : la comédie œcuménique de Gerard Oury fait peau neuve en Blu-Ray et continue de séduire toutes les générations. Portée par un De Funès au top de sa forme, ‘histoire de cette course-poursuite échevelée entre Yiddish land, bourgeoisie tradi et Proche-Orient, méritait d’être contée par ceux qui l’ont faite. Amen !


Ou va se nicher l’humour ? Parfois dans un œil qui frise, une émotion réprimée. Mais aussi dans les souvenirs et une promesse à tenir. Ainsi ce 15 mars 1973, chez Maxim’s, Gerard Oury et Louis de Funès jouent-ils la retenue, lorsque le premier accroche une croix au revers du veston du second : « Louis de Funès, au nom du président de la république et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je te fais chevalier de la Légion d’honneur. »


Champion du box-office, le cinéaste se souvient de la phrase prémonitoire d’un de Funès l’encourageant au début des années 1960 à délaisser sa défroque d’acteur de second plan pour une autre carrière : « Tu es un auteur comique. Tant que tu n’auras pas compris cela… » Depuis, entre eux, il y a eu Le Corniaud, La Grande Vadrouille, La Folie des Grandeurs.


Triomphes, gloire, et honneurs. « Chemin parcouru, sommes-nous plus heureux ? Je le crois, écrira Gerard Oury dans ses mémoires. Pas pour les maisons, les châteaux, le fric, mais parce que nous avons gagné le pari du travail, cette bataille qui, plus que tout autre, tient au cœur de l’homme ! ».


Souvenirs et promesse. Dans son remerciement, De Funès évoque son partenaire de prédilection, Bourvil, disparu trois ans plus tôt avant de se projeter dans ce qui les attend, Gerard et lui. Leur plus gros pari. Celui pour lequel Louis ne tourne plus de films depuis deux ans et La Folie des grandeurs, se réservant pour les planches et une reprise d’Oscar qu’il vient d’écourter. Ce 15 mars 1973, il reste quatre jours avant que le tandem ne remette le couvert pour leur 4e opus…


Près d’un demi-siècle qu’on lui parle des Aventures de Rabbi Jacob. Pourtant, Danièle Thompson n’éprouve aucune lassitude à en raconter la genèse. Elle sait que Gerard Oury, son père, a fait part de ce projet à de Funès dès la sortie de leur précédent film, fin 1971. Mise dans la confidence, la fille prodige, partenaire d’écriture du cinéaste depuis La Grande Vadrouille, mesure très vite l’enjeu et la complexité de cette comédie prêchant la tolérance : « On me demande toujours si l’on pourrait refaire Rabbi Jacob. Mais à l’époque, nous nous questionnions déjà sur la possibilité de le refaire ! »


Né Max-Gerard Tannenbaum, fils d’une critique d’art amie de Foujita et d’Utrillo, Oury a 20 ans quand s’abattent sur lui et les siens les lois antijuives de Vichy. Réfugié à Monaco puis en Suisse, il se montrera discret sur les épreuves traversées, le drame de ses coreligionnaires étant, par ailleurs, étranger au genre de films qu’il met en scène et fait son bonheur. Mais l’absence d’allusion aux persécutions antisémites dans La Grande Vadrouille doit autant à l’imprégnation d’un régime gaulliste désireux de réconcilier des Français déchirés qu’à la nature de son auteur. « Ni mon père ni mois avons été élevés religieusement, précise Danièle Thompson. Nous n’avons jamais pratiqué la religion juive. « Une certaine fierté communautaire née de la guerre des Six jours et la sortie libératrice du Chagrin et la pitié changent la donne. Avant L’as des as et Levy et Goliath, Gerard Oury s’apprête à faire, en 1973, son premier coming out. A bonne distance. Le fait que les Séfarades sont devenus plus nombreux que les Ashkénazes ne bouleverse pas encore l’image qu’à le public des juifs traditionnels, laquelle intrigue Oury. « Mon père, nous dit sa fille, avait toujours été fasciné par ces hommes en redingotes noires avec des papillotes, qu’il voyait rue des Rosiers. Quelle était cette communauté hassidique, à la fois austère, mais aussi joyeuse et musicale ? Il désirait faire un film sur ces gens. » Cette toile de fond posée, reste à tisser une dramaturgie comique entremêlant plusieurs éléments.


Complice scénaristique d’Oury, Marcel Jullian a pris la direction de Plon et de Julliard et n’est plus disponible pour imaginer avec Gerard et sa fille d’improbables péripéties. « Je me suis retrouvée seule, face à mon père, nous explique Danièle Thompson. Et ca a très vite fonctionné. » Encore faut-il agencer les pièces d’un puzzle dont celle, centrale, du personnage qu’incarnera de Funès : « J’avais, ajoute-t-elle, vécu aux Etats-Unis et adoré un show télé, All in the Family. Cette série dépeignait une famille dont le père était pétri de préjugés. Il se heurtait à ses enfants qui apportaient, sous son toit, la civilisation américaine, multiculturelle. Mais ce type assumait, malgré tout, son sexisme, son racisme, son antisémitisme. » Transplanté en France, l’antihéros devient un grand patron réactionnaire qu’Oury baptise Pivert. Un patronyme déniché sur la devanture d’un commerce et au sujet duquel le cinéaste espère, sans le lui dire, que son interprète trouvera motif à déclencher les rires. « A cela, précise Danièle Thompson, s’est agrégé l’enlèvement devant la brasserie Lipp, en 1965, de l’opposant marocain Ben Barka ». Lequel devient, dans le script, Slimane et connaît un sort moins funeste que son modèle. Cela donne un cocktail explosif qu’Oury entend, à l’époque, désamorcer. « Le seul message que je veuille transmettre est social : faire oublier aux gens leurs soucis quotidiens, faire rire sans bassesse ni vulgarité. » Reste qu’en dénonçant le racisme d’une certaine bourgeoisie, le paternalisme de l’Etat Français, en y mêlant des enlèvements et tentatives de meurtres fomentées par des barbouzes proche-orientales, le projet, malgré le pedigree des auteurs, en refroidit plus d’un A commencé par Alain Poiré, producteur du Cerveau et de La Folie des Grandeurs.


Si Oury invoque dans ses mémoires, un changement de direction à la Gaumont pour justifier le désistement de son ami, alors fragilisé, Danièle Thompson offre une autre version : » Poiré, affirme-t-elle, n’a pas voulu produire ce film. Quand mon père lui a expliqué le sujet de Rabbi Jacob, Alain lui a dit : « Je n’y crois pas. Ce n’est pas pour moi : Je n’ai pas envie. » Il c’est alors tourné vers la société Pomereu et Bertrand Javal, qui n’avait peut-être pas les épaules pour ça. » D’un point de vue financier, peut-être. Mais humain ?


Premier assistant d’Oury sur ce film, Bernard Stora nous livre son regard sur un entrepreneur « à l’ancienne » : « Javal, très sympathique et lunaire, a vendu beaucoup de parts du films pour pouvoir le finir. Mais sans jamais se plaindre. Il passait nous voir tout le temps et sa grande phrase était : « Ne vous dérangez pas, je ne suis que le producteur ! » Cette liberté n’enlève pas au couple de scénaristes leurs sens des responsabilités. D’autant que l’assassinat de onze athlètes israéliens au J.O. de Munich de 1972 par le groupe palestinien Septembre Noir est de nature à brider l’écriture du scénario. « Nous sommes sur le fil du rasoir, se souvient Danièle Thompson. Constamment terrorisés à l’idée de heurter la communauté juive. »


Afin d’éviter tout dérapage théologique, Gerard Oury fait appel au rabbin Josy Eisenberg, producteur de l’émission religieuse A Bible ouverte. « Josy, racontera le cinéaste, s’est intégré avec aisance au duo que nous formions Danièle et moi. Il nous a apporté une connaissance éclairée du Talmud, beaucoup de finesse et de fantaisie ainsi qu’un grand sens de l’humour. » Eisenberg contribue ainsi, à rendre crédible la scène de la Bar Mitzvah du jeune David.

  

Distribution

Louis de Funès : Victor Pivert

Claude Giraud : Mohamed Larbi Slimane

Henri Guybet : Salomon

Renzo Montagnani : le colonel Farès

Suzy Delair : Germaine Pivert

Marcel Dalio : Rabbi Jacob

Claude Piéplu : le commissaire divisionnaire Andréani

Janet Brandt : Tzipé Schmoll, dite « la Mamé »

Miou-Miou : Antoinette Pivert, la fille de Victor Pivert

Lionel Spielman : David Schmoll, le jeune garçon qui devient bar mitzva

Popeck (crédité « Jean Herbert ») : Moïshe Schmoll, le père de David, neveu de Jacob et fils de la Mamé

Denise Provence : Esther Schmoll, la mère de David

Xavier Gélin : Alexandre, fils de général et fiancé d'Antoinette

Jacques François : Jean-François, le général et père d'Alexandre

Malek Kateb (crédité « Malek Eddine ») : Aziz, le bras-droit de Farès

André Penvern : un inspecteur, adjoint d'Andréani

Roger Riffard : un inspecteur, adjoint d'Andréani

Michel Duplaix : un inspecteur à l'aéroport

Pierre Koulak : Omar, l'homme de main de Farès qui affronte Slimane

Gérard Darmon : l'homme de main de Farès qui annonce le jugement de Slimane

Abder El Kebir : un homme de main de Farès

Chérif Admane : un homme de main de Farès

Alix Mahieux : l’infortunée patiente de la dentiste

Jean-Jacques Moreau : le gendarme motard au poireau sur le visage

Michel Fortin : l'autre gendarme motard

Denise Péronne : la générale, mère d'Alexandre

Micheline Kahn : Hannah, la rousse que la Mamé présente à Slimane

Dominique Zardi : le cuisinier de l'Étoile de Kiev

André Falcon : le ministre

Philippe Brigaud : l'adjoint du ministre dans l'hélicoptère

Michel Robin : le curé qui doit célébrer le mariage

Georges Adet : le vieux Lévi

Robert Duranton : le CRS costaud à l'aéroport

Paul Bisciglia : le pompiste qui remplit le réservoir de la voiture de Farès

Catherine Prou-Marshall : le mannequin avec le Yorkshire à l'aéroport

Clément Michu : le gendarme devant l'église

Maria Gabriella Maione : Odile, la secrétaire de la dentiste

Cary Frick :

Jacob Toledano : le hazzan

André Valardy (scène coupée au montage)

Yves Péneau :

Gérard Melki :

Noël Darzal :

Non crédités

Zvee Scooler : un rabbin à New York

Paul Mercey : l'automobiliste dans sa 2 CV

Baaron : un invité au mariage mixte

Francis Lemaire : un gendarme

Vincent Ropion

Annick Roux : l'hôtesse au sol qui se querelle avec la femme de Pivert

Ari Aricardi : un homme rue des Rosiers

Georges Ass : un homme rue des Rosiers

Patrick Burgel : un rabbin dans les toilettes à Orly

Marcel Gassouk : le boucher

Jacques Pisias : un policier à Orly

Frédéric Norbert : le livreur de fleurs

Robert Favart : un invité au mariage

Charles Bayard : un invité au mariage

Robert Chevrigny : un invité au mariage

Robert Le Béal : un invité au mariage

Christine Boisson : une invitée au mariage

Olivier Lejeune : un ami d'Alexandre invité au mariage

Jérôme Deschamps : un ami d'Alexandre invité au mariage

Raymonde Vattier : la marquise invitée au mariage

Pierre Vaudier : le maître de cérémonie