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Pif | Terra Reporter

Pif Gadget est un magazine français de bande dessinée pour la jeunesse, créé en février 1969, dont la fréquence de parution était à l'origine hebdomadaire. Successeur de Vaillant, le journal de Pif, dès ses débuts Pif Gadget présentait la particularité d'inclure un gadget à chaque édition

Fiche express

  • PÉRIODICITÉ : HEBDO (969-1993) – MENSUEL (2004-2008) – TRIMESTRIELLE (2015-2017)
  • GENRE : BANDES DESSINÉES
  • FONDATION : FÉVRIER 1969
  • EDITEUR : EDITIONS VAILLANT
  • ACTIONNAIRE : L’HUMANITÉ

Photos base de donnée

De Vaillant a Pif gadget

Le premier numéro de Vaillant parait le 1er juin 1945. En sous-titre figure le nom du journal dont il prend le relais : Le Jeune Patriote, feuille ronéotée née clandestinement pendant la guerre dès 1942, à l’initiative du Parti Communiste Français, et destiné à la jeunesse.


La directrice du nouveau journal est une ancienne institutrice, Madeleine Bellet. Le rédacteur en chef René Moreu est issu, lui aussi, des mouvements de la Résistance. Son contenu valorise donc les vertus de la liberté et de la lutte anti-fasciste à l’image des aventures de « Fifi, gars du maquis » dessinées par André Liquois. En Juin 1946, à partir du numéro 59, Vaillant devient hebdomadaire.


En Juillet 1946, le sous-titre « Jeune Patriote » disparait du bandeau titre de l’hebdomadaire. Il ne conserve que la devise « Le journal le plus captivant ». Apparaisse alors pour la première fois dans le journal les aventures de Placid et Muzo de José Cabrero Arnal ainsi que la célèbre série Les pionniers de l’Espérance dessinée par Raymond Poïvet sur une scénario de Roger Lecureux. En 1952, Pif le chien fait ses débuts en couleurs dans Vaillant, le journal le plus captivant. (Il avait fait sa première apparition dans le journal communiste l’Humanité dès 1948).


En 1956, Vaillant passe de 16 à 32 pages. De nombreux talents travaillant désormais au journal : Les dessinateurs Jean Tabary, Roger Mas, Paul Gillon, Jacques Kamb, Jean Cézard, les scénaristes Roger Lucureux, Jean Ollivier et bien d’autres…


En 1962, Vaillant est le dernier hebdomadaire pour la jeunesse ayant conservé le grand format d’avant-guerre. La rédaction de la rue La Fayette décide de réduire le format de parution à l’identique de celui de ses concurrents, tout en passant à 48 pages, arrivée aussi de nouvelles bandes dessinées comme Teddy Ted, Bob Mallard, Le grelé 7/13, Gai-Luron. Arrivera par la suite, Les aventures potagères du concombre masqué. Le 4 avril 1965, « Vaillant le journal le plus captivant » devient « Vaillant, le journal de Pif ».


En 1969, le numéro 1238 de Vaillant, le journal de Pif sera le dernier numéro de cette longue histoire et dès le numéro 1239, Vaillant, vingt quatre ans après sa création, deviendra Pif Gadget.


Dès son premier numéro, Pif-Gadget ca bousculer les règles établies et révolutionner la presse pour la jeunesse. D’abord par l’introduction du fameux Gadget, bien sûr, mais aussi en lançant la formule « Tout en récit complet » abandonnant ainsi la vieille recette des histoires « à suivre », un cahier de jeux de 7 pages et enfin en lançant de nouvelles séries qui vont très vite s’imposer comme des séries « cultes » telles Rahan ou Corto Maltèse pour ne citer qu’elles.


Le numéro 01 de Pif Gadget sera tiré à 350 000 exemplaires (il est a noter que ce numéro 01 pour des raisons fiscales a gardé la numérotation de Vaillant soit 1239)


Rapidement l’hebdomadaire va connaître des ventes historiques. Entre 1969 et 1973 son tirage atteint en moyenne 500 000 exemplaires, avec des pointes atteignant pour certains numéros au gadget exceptionnel, le million d’exemplaires !


A la rentrée des classes d’octobre 1973, le journal change de formule et propose désormais avec son numéro 240 une couverture plus axée sur le gadget en le montrant souvent en condition d’utilisation, à l’aide de photos parfois prises avec des vedettes du sport ou de la chanson.


En 1982, Pif Gadget change à nouveau sa formule. Sur la couverture du numéro 682, le titre se fera plus discret avec un triangle jaune.


La télévision semble alors la préoccupation première de la rédaction avec l’apparition fréquente de stars du petit écran dans les pages du journal et l’achat de série liées aux dessins animés et d’autres séries déjà publiée ailleurs. Dans les années 90, les chiffres du journal atteignaient encore 130 000 exemplaires. En 1992, le tirage dégringole à 77 000 exemple et avec le numéro 1229 du 9 février 1993 le célèbre hebdomadaire Pif Gadget s’arrête brutalement. Plusieurs tentative pour relancer le journal auront lieu par la suite mais sans réel succès.

FEVRIER

1969

Le Gadget

Lors de la sortie du premier Pif Gadget en 1969, personne à cet époque dans la rédaction du journal n’imagine le succès phénoménal qu’aura le gadget. L’idée d’ajouter un objet à l’hebdo vraisemblablement ramenée d’un voyage en Italie par André Limansky alors directeur des ventes, est simplement considérée comme un petit plus.


L’attention de la rédaction et de son rédacteur en chef George Rieu, se concentre davantage sur les grandes innovations apportées au nouvel hebdomadaire. D’abord la formule « Tout en récits complets » qui abandonne la vieille recette des histoires « à suivre » en vigueur à l’époque chez tous les concurrents et qui ne fait pas, loin de là, l’unanimité parmi les dessinateurs. Ceux-ci préfèrent en effet, de longues histoires échelonnées sur plusieurs numéros, plus facile à réaliser et évidemment plus rentables. Et puis le fameux « Cahier des jeux » de 16 pages, alibi culturel indispensable à l’époque, afin que le journal puisse bénéficier de tarifs postaux préférentiels.


Le choix des gadgets est très restreint à ses débuts. Ceux-ci doivent parfaitement s’intégrer à l’intérieur du journal et pour cela être imprimées sur du carton ou n’avoir que très peu d’épaisseur, à l’image du premier gadget : « Les lunettes sidérales » prédécoupées dans une feuille ressemblant à l’aluminium.


Par ailleurs, les noms de ces gadgets s’ils doivent être évocateurs, doivent également faire rêver pour susciter envie et intérêt (Le Zip magique, le Tricromus, l’herbe magique…)


Très vite le gadget devient un des éléments clé du journal. La surprise de sa découverte passée, le lecteur s’adonne immédiatement à sa construction et souvent même à sa destruction avant même d’avoir feuilleté l’hebdo.

En Avril 1970, le numéro 60 de Pif Gadget qui contenait les fameuses Pifises, a été tiré à 1 000 000 d’exemplaires (650 000 exemplaires puis retiré à 350 000 exemplaires). En 1971, le numéro 137, qui propose comme gadget les « pois sauteurs du Mexique » est également tiré à 1 000 000 d’exemplaires. Il s’agit dans les deux cas du plus fort tirage en Europe pour un journal de bande dessinée.


Certains gadgets sont devenus mythiques comme ce petit sapin par exemple, planté en 1975 est dont la taille avoisine les 30 mètres aujourd’hui, ou cette lunette astronomique qui permettait d’observer réellement les astres, ou encore les fameux pois sauteurs, ces petites graines importées du Mexique qui s’agitaient dans leurs petite boite pour finir en s’envolant comme papillons.


En 1977, un premier autocollant « La main de Pif » est inclus dans le magazine avec consigne de le coller à l’arrière de la voiture des parents. On pouvait être repéré dans la rue par une équipe du journal et gagner un cadeau. C’était là une excellente opération de marketing pour le journal. Corollaire inattendu, pour toute une génération, le badge « Touche pas à mon pote » apparu quelques années plus tard, a sans doute été largement influencé par cette fameuse « Main de Pif ».


A travers ses gadgets, Pif inculquera la notion d’écologie avant l’heure, à l’aide de dossier explicatifs et de gadget fonctionnant plus ou moins à l’eau ou à l’énergie solaire, sans oublier une très grande sensibilisation à la cause animale. Chaque gadget (plus d’un millier) était en soi une véritable petite invention et chaque semaine nécessitait de réelle prouesses technique pour pouvoir le conditionner et le vendre avec l’hebdomadaire.