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La naissance la série | Terra Reporter

Les Mystérieuses Cités d’or (« Esteban, l’enfant du Soleil ») est une série télévisée d’animation franco-japonaise en 39 épisodes de 28 minutes, diffusée initialement sur la chaîne NHK au Japon à partir du 29 juin 1982, en France à partir du 28 septembre 1983 dans Récré A2 sur Antenne 2, et au Québec à partir du 22 septembre 1984 à la Télévision de Radio-Canada. La série est librement adaptée du roman La Route de l'or (The King's Fifth, 1966) de Scott O'Dell, une fiction historique qui met en scène la découverte de l'Amérique. En 2012, soit trente ans plus tard, une nouvelle série, basée sur celle de 1982 est produite. Bien qu'issue d'une équipe de production totalement différente, elle reprend l'histoire là où la série originale s'arrêtait et est nommée Les Mystérieuses Cités d'or.

Les mystérieuses cités d'or

29

JUIN

1982

Légende ou vérité

L’histoire contée dans Les mystérieuses cités d’or s’inspire de plusieurs mythes et légendes qui ont forgé le destin de bien des aventures. Atlantide, Antilia, Cibola, Quivira, Eldorado, Païtiti : la recherche de ces iles, continents ou cités légendaires au cours de l’histoire a nourri l’imaginaire collectif.


Le mythe trouve ses racines en Europe, au VIIIe siècle de notre ère, lors de l’invasion de la péninsule Ibérique par les Sarrasins. Une légende portugaise rapporte que lors de l’invasion de Porto, l’archevêque de la ville ainsi que six évêques et leurs familles ont fui vers l’ouest à travers l’océan, jusqu’à atteindre une terre nouvelle. Chaque évêque y aurait bâti une ville. Les sept cités seraient devenues des états prospères et paisibles, sorte de communautés utopiques. La prétendue richesse de ces cités les a fait appeler par le peuple « Les sept cités d’or ».

La légende de Cibola

A partir de 1510, l’Espagne organise de nombreuses expéditions vers les Amériques pour explorer les terres inconnues et y affermir sa domination. Les empires Aztèques et Inca sont démantelés et les ressources en or, argent et autres métaux précieux commencent à remplir les caisses du royaume espagnol. Dans une Europe en récession et en manque de métaux précieux, les récits de trésors fabuleux continuent d’échauffer les esprits et suscitent toujours plus d’expéditions. L’une d’entre elles emmène le premier explorateur noir, Mustafa Zemmouri, plus connu sous le nom de « Stephen the Moor », « Estebanico », « Esteban de Dorantes » ou simplement Esteban.  Né à Azemmour au Maroc vers 1503, Esteban est capturé par les Portugais en 1513, converti au christianisme puis vendu a Andrés de Dorantes de Carranza. Bien traité, doté d’un sens inné de la communication, Esteban se montre digne de confiance et noue des liens d’amitié durable avec Dorantes.


En 1527, après un séjour à Cuba et Hispaniola, Dorantes et Esteban rejoignent l’expédition du conquistador Panfilo de Narvez vers la Floride. Mais ils échouent sur les côtes, laissant au final quatre survivants : Esteban et Dorantes, Alvar Nunez Cabeza de Vaca et le capitaine Alonzo Del Castillo Maldonado. Réduits en esclavage par les Indiens pendant plusieurs années, les quatre hommes réussissent à s’enfuir et cherchent à regagner la Nouvelle-Espagne. Esteban n’est alors plus considéré comme un esclave. Grâce aux facultés de communication d’Esteban, qui lui permette d’apprendre rapidement le dialecte des tribus indiennes, et à leurs activités de commerçants et de guérisseurs, les fugitifs longent la côte du golfe du Mexique, remontent le Rio Grande et franchissent le désert de Chihuahua. Au cours de la traversée de la Vallée du Sonora, les indigènes leur remettent des objets précieux provenant selon eux d’une contrée mystérieuse situé au Nord, dotée de villes très peuplées aux grandes demeures.


En Juillet 1536, les naufragés arrivent dans la ville de Mexico, où Esteban devient vote une célébrité, grâce à la couleur de sa peau, et surtout au récit de son voyage. Antilia et les Sept Cités d’or resurgissent dans les mémoires, cette fois situées à l’intérieur du continent américain. Esteban prétend pouvoir trouver l’emplacement des villes évoquées par les Indiens. Animé par une quête de l’or toujours vivace, le vice-roi de Mexico, Antonio de Mendoza, organise en 1539 une expédition sur le territoire du Nord à la recherche des Sept Cités. L’explorateur franciscain Marc de Nice, qui a participé à la conquête du Pérou, en prend la tête et Esteban lui sert de guide. Parmi les membres de l’expédition, se trouvent également des Indiens qui ont voyagé avec Esteban jusqu’à Mexico. Lors de l’équipée, celui-ci reprend son rôle de guérisseur, entre en contact avec les tribus, et décide de la route à prendre. Il envoie des messagers indigènes pour annoncer son arrivée tandis que d’autres retournent auprès de frère Marc, resté en arrière, pour ‘avertir en cas d’importante découverte.


En mai 1539, lors de la traversée du Nouveau Mexique, Esteban reçoit le message qu’il attend : il ne se trouve qu’à trente jours de marche d’une grande ville appelée « Cibola ». Mais lorsqu’il arrive sur les lieux, il ne voit que des maisons torchis et des Indiens Zuni plutôt méfiant. Ceux-ci lui refusent l’accès au village puis tuent tous les membres de l’expédition, dont Esteban. Il n’a pas découvert les Sept Cités mythiques, mais sept villages Zunis dont les toits scintillent au soleil, comme de l’or.


Plus tard, frère Marc atteint à son tour Cibola dont il entrevoit au loin les villages. Mais, à son retour à Mexico, il décrit sept magnifiques villes « plus grandes que la ville de Mexico » … Le vice-roi finance une seconde expédition en 1540, cette fois dirigée par Francisco Vazquez de Coronado et guidée par Marc de Nice, pour trouver les trésors de Cibola et de Quivira, une autre cité légendaire. Malheureusement après trois longues années de vaines recherches, et la traversée des actuels Etats de l’Arizona, du Nouveau-Mexique, de l’Oklahoma, du Texas et du Kansas, Coronado revient bredouille au Mexique et tombe en disgrâce.


On sait aujourd’hui que la légende d’Antilia et des Sept Cités est née en Espagne, loin du Nouveau monde. Les nombreux aventuriers qui les ont cherchées n’ont fait que poursuivre une chimère, aveuglés par la soif de l’or. Cette avidité insatiable entraîne quelque temps plus tard, l’apparition d’un nouveau mythe, l’Eldorado.

L'île des sept cités d'or

Dès l’Antiquité, les textes bibliques et classiques situent à l’ouest des terres connues des contrées comme le Paradis terrestre, l’Atlantide, Ophir, l’île des mines du roi Salomon, les Champs Elysées d’Homère ou les îles Fortunées. Au Moyen Age, d’autres iles légendaires apparaissent, comme l’île de Saint Brendan, l’ile Brasil ou l’ile Antilia. Cette dernière, serait de forme rectangulaire et aurait abordée initialement par les Phéniciens.


Quoi qu’il en soit, ces îles figurent sur les cartes marines et les mappemondes dès le XIVe siècle, et son repris par la suite en 1468, l’astronome Toscanelli représente Antilia sur sa carte de la route des Indes via l’océan Atlantique. Elle apparait également en 1492 sur le globe du cosmographe Martin Behaim. Ces îles fantastiques existent ainsi dans la culture des savants et des explorateurs de l’époque au même titre que les nouvelles terres réellement découvertes. Lorsque les Portugais débarquent sur Açores en 1427, ils associent naturellement l’un de ces îles, Sao Miquel, à la légende des Sept Cités. Un village porte même le nom de « Sete Citades ».

  

Caractéristique de la série originale

D’un point de vue narratif, Les Mystérieuses Cités d’or est une œuvre de fiction très classique, qui met en scène une quête initiatique sur un modèle éprouvé par la littérature ou le cinéma. La série fait partie intégrante, depuis sa toute première diffusion, du patrimoine télévisuel et culturel francophone. Son scénario très riche pour un programme grand public, ses musiques de qualité, son animation exemplaire, à la pointe des techniques de l’époque, et la représentation d’un voyage initiatique, servent encore aujourd’hui de référence.



La série est bâtie sur son propre scénario, qui n’a presque rien en commun avec le roman de Scott O'Dell qui, selon le générique, l’a inspirée. On n’y retrouve que les noms de certains personnages, et le thème général de la recherche des Cités d’or et de l’Eldorado. Le réalisme (la plupart des personnages, des lieux et des aventures s’appuient sur des faits concrets et réels par ailleurs précisés dans le documentaire suivant chaque épisode) et la noirceur se retrouvent autant dans le roman que dans le dessin animé, ce dernier misant également sur l’évasion et l’onirisme, n’hésitant pas à introduire une dose de fantastique ou de science-fiction.



Chaque épisode est suivi d’un mini-documentaire (en prises de vue réelles) sur la culture précolombienne, donnant un éclairage historique et géographique sur le contexte de la fiction. Le timbre chaleureux de Jean Topart, qui prête sa voix à la voix off des commentaires, a contribué à la fascination qu’a exercée la série.