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Les Shadoks | Terra Reporter
Avant les Shadoks | Terra Reporter

Jacques Rouxel, né le 26 février 1931 à Cherbourg et mort le 25 avril 2004 à Paris est un producteur et animateur de dessin animé français. Il est aussi, avec René Borg (qui sera le réalisateur de la première saison) le créateur des Shadoks et le cofondateur du studio aaa (animation art-graphique audiovisuel).

Fiche express

  • NOM DE NAISSANCE : JACQUES ROUXELE
  • NAISSANCE : 26 FÉVRIER 1931 CHERBOURG, FRANCE
  • NATIONALITÉ : FRANCAIS
  • ACTIVITÉ : ANIMATEUR DE DESSINS ANIMÉS, PRODUCTEUR DE DESSINS ANIMÉS, CO-FONDATEUR STUDIO ANIMATION ART GRAPHIQUE AUDIOVISUEL
  • FORMATION : ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES

26

FÉVRIER

1931

Jacques ROUXEL - Les SHADOKS

Le talent de Jacques Rouxel

Si le service de la Recherche de l’ORTF, fondé par Pierre Schaeffer, constitue à bien des égards l’ancêtre de l’INA, les Shadoks qui y prirent naissance sont devenus au fil du temps une sorte de mascotte, de véritables vedettes dont le succès public ne semble pas vouloir se démentir, plus de quarante ans après leur décision historique de quitter leur planète biscornue pour la Terre. Etrange retournement de situation pour ces bestioles qui furent si controversées en leur temps, alors qu’on rêverait aujourd’hui de voir déferler sur nos écran plats pareil humour et pareille audace.


Si les Shadoks ont vu le jour, c’est d’abord grâce aux innovations du service de la Recherche, telles que « l’animographe » et les travaux du Groupe de Recherche musicale (il faut réécouter ces extraordinaires génériques !). Il y avait bien sûr aussi le réalisateur René Borg et la voix si particulière de Claude Piéplu. Mais rien n’aurait été possible sans le talent atypique et protéiforme de Jacques Rouxel, son coup de crayon inimitable et ses scénarios nourris de surréalisme et de non-sens britannique


Tout cela valait bien un hommage auquel l’INA est heureux de s’associer en mettant à disposition des images illustrant les coulisses de ce qui demeure l’une des grandes aventures galactiques de la télévision française Et j’ajouterais même, pour citer une expression Shadok bien connue « GA, BU, ZO, MEU ! ».

  

Naissance d'un créateur

Jacques, Louis, Pierre, Rouxel est né le 26 février 1931, à Cherbourg, dans la Manche. On sait peu de chose sur son enfance, si ce n’est qu’il passe la majeure partie de sa scolarité en pension, notamment chez les Jésuites.


En 1946, il passe son baccalauréat « math-élém », au lycée français de New York. Son père, ingénieur chef de travaux à l’Arsenal de la marine, est en effet muté aux Etats-Unis pour inspecter les navires français laissés en Amérique durant la Seconde-Guerre mondiale. « Au sortir de mon village normand, la 5e avenue, c’tait l’abondance, le paradis. Cela m’a beaucoup marqué », souligne-t-il. De retour en France, en 1950, après une année de classe préparatoire à Sainte-Geneviève, il rate le concours d’entrée à l’Ecole centrale et entre à HEC où il restera trois ans. « A cette époque, on formait essentiellement des gestionnaires appelés à pantoufler dans les grandes entreprises. On ne vous disait pas de tout comment il fallait s’y prendre pour monter une petite affaire. Mais cela a peut-être changé. » Durant sa scolarité, Jacques commence à s’intéresser au graphisme. On lui demande alors de dessiner les affiches, les décors pour les salles de classes et les programmes des fêtes de lycée (que l’on appelle à l’époque des « boums »). Il bénéficie même d’un atelier de publicité dans la cave de l’école.


Au cours de ses études, il se passionne pour les films du studio américain UPA (United Production of America), créé par le scénariste et producteur Stephen Bosustow et d’autres transfuges du studio Disney, suite à la grève du célèbre studio en 1941. Le travail de l’UPA, que les séries Mister Magoo (oscar en 1957) et Gerard Mc Boing Boing ont rendu célèbre, se distingue du célèbre créateur de Blanche-Neige en proposant un graphisme plus simplifié (que ce soit les personnages ou les décors), proche des artistes de l’époque tels que Mori ou Klee, en cherchant absolument à détoner du réalisme propre au créateur de Mickey et en utilisant une « animation limitée ». Démarche qui marque beaucoup le futur créateur des Shadoks.


En 1954, Jacques sort diplômé du HEC et débute son service militaire dans l’aéronavale en tant qu’enseigne de vaisseau de 2e classe, l’aviation lui ayant été refusé en raison de sa myopie. Il sillonne alors l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte à bord des porte-avions Lafayette et Arromanches, ce type d’embarcations militaire qu’il aime à appeler « Planète plate », donne d’ailleurs naissance à l’idée de la planète Gibi. Parfois Jacques a l’occasion de monter à bord des avions, et il passe plus tard son brevet de pilote. La marine est une affaire de famille chez les Rouxel, ses deux frères ont travaillé dans la marine navale ou commerciale, ce qui explique la création du personnage récurrent du Marin Shadok et des nombreuses aventures nautiques de la série. Un des frères de Jacques à travaillé à bord de sous-marins, dont la Diane, et lui confie un ouvrage très particulier, le Cahier des fortes paroles, vaste compilation de bons mot écrits à la base sous-marine de Lorient, qui lui inspira moult devises pour son Marin Shadok.


Une fois ses obligations terminées, il intègre le monde de la publicité et collabore avec plusieurs agences, mais pas en tant que graphiste. Son souhait ? Faire de la production de films publicitaires, en espérant que cela lui permettra d’accéder au cinéma. Et c’est à Synergie qu’il rencontre Marcelle Ponti. Elle deviendra très vite sa compagne.